Lawrence Cannon (archives)
À peine élu chef du Parti libéral du Canada (PLC), Stéphane Dion fait face à une volée de bois vert de la part de ses adversaires politiques, souverainistes et conservateurs confondus.
Le nouveau chef libéral réussit à faire l'unanimité parmi ses adversaires conservateurs et souverainistes, qui s'accordent à critiquer son peu d'ancrage au Québec et sa vision « centralisatrice » du fédéralisme.
En entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir de Radio-Canada, le ministre fédéral des Travaux publics, Michael M Fortier, a indiqué que le nouveau chef libéral « a un sérieux travail [à faire] au Québec. Il n'y a aucun senior qui l'a appuyé. »
Pour sa part, le ministre fédéral des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités, Lawrence Cannon, estime que Stéphane Dion « représente le parfait prototype du candidat qui propose un fédéralisme centralisateur. Il est directement dans la lignée des Jean Chrétien de ce monde ».
Le PQ se souvient
Dans le camp souverainiste, les critiques n'ont pas tardé à fuser. Le chef du Parti québécois (PQ) a indiqué que les Québécois n'avaient pas oublié et n'avaient pas pardonné au nouveau chef libéral son « intransigeance », du temps où il était ministre fédéral.
André Boisclair (archives)
« Il me semble que [Stéphane] Dion a toute une côte à remonter s'il veut regagner la confiance des Québécois », a déclaré André Boisclair à une chaîne de télévision montréalaise.
« Donnons une chance au coureur, mais une chose est claire, dit-il. On est loin d'oublier au Québec, et on est loin de lui pardonner sa Loi sur la clarté, on est loin de lui pardonner son intransigeance quand il était ministre [fédéral] de l'Environnement, à l'endroit du gouvernement du Québec. »
Le leader péquiste a évoqué le litige fédéral-provincial sur la mise en oeuvre du protocole de Kyoto. « Il [Stéphane Dion] avait tellement mis en colère les ministres québécois du gouvernement de M. Charest que Thomas Mulcair [ancien ministre québécois de l'Environnement] l'avait traité de méprisant », rappelle-t-il.
Un « héritier » de Chrétien
Selon le député péquiste de Gouin, Nicolas Girard, c'est « l'héritier » de l'ancien premier ministre Jean Chrétien qui vient d'être élu à la tête du PLC.
« Je pense que, tout comme sous le règne de M. Chrétien, sous le règne de M. Dion, le magasin général sera fermé », a lancé M. Girard en point de presse à Montréal. Celui-ci évoquait une réplique de M. Chrétien, qui avait ainsi étouffé des revendications de réforme du fédéralisme sous son gouvernement, dans les années 90.
M. Girard a rappelé que M. Dion avait bénéficié des voix de Gerard Kennedy, candidat ontarien qui a été éliminé au deuxième tour de scrutin et qui est l'un des plus fervents opposants à la reconnaissance du Québec comme nation.
Le PLC s'éloigne du Québec, croit la SSJB
La Société St-Jean-Baptiste, qui fait la promotion de l'idée de souveraineté du peuple québécois, estime que le PLC s'est éloigné encore plus du Québec en élisant Stéphane Dion à sa tête.
Le président de la Société, Jean Dorion, déplore que le Parti libéral poursuive la tradition de « se nommer un leader canadien-français à condition que celui-ci ait prouvé son zèle centralisateur canadien ».