Jean Chrétien écorche Harper

Jean Chrétien Jean Chrétien

L'ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, a pris la parole samedi après-midi au congrès d'investiture du Parti libéral du Canada, au Palais des congrès de Montréal.

Dans un discours prononcé devant les militants libéraux avant l'élection de leur nouveau chef, l'ancien premier ministre assène quelques coups au chef conservateur, qu'il accuse notamment d'être trop près des politiques de George W. Bush.

En attendant les résultats du quatrième tour de scrutin, qui a finalement consacré la victoire de Stéphane Dion, M. Chrétien a dit être heureux de s'adresser à des délégués et militants libéraux après trois ans d'absence. Il a ensuite félicité tous les candidats qui ont participé à cette course « spectaculaire ».

Par la suite, M. Chrétien a fait part des tâches qui attendent le nouveau chef du parti. « Il faut préparer un programme moderne et unique basé sur la responsabilité fiscale et le progrès social. Il faut reprendre Kyoto en main et le mener à bonne fin et alors nous pourrons continuer à être le meilleur défenseur de l'unité du Canada en étant clair sur les mots et les objectifs. »

Jean Chrétien a aussi insisté pour dire que le nouveau chef prendra en main un parti uni, qui marche dans une direction commune et qui vaincra Stephen Harper lors des prochaines élections.

M. Chrétien a d'ailleurs asséné quelques coups au premier ministre conservateur, qu'il a appelé le « doctrinaire de droite ». Il a particulièrement critiqué les compressions dans les programmes sociaux et le retrait du protocole de Kyoto, reprochant à M. Harper de nuire à la réputation internationale du Canada.

Il a également accusé le premier ministre conservateur d'être trop près des politiques américaines de George W. Bush. « Stephen, est-ce que je peux t'appeler Steve comme le fait George W. ? » a lancé M. Chrétien dans son style habituel.

M. Chrétien a eu cependant de bons mots pour les anciens premiers ministres libéraux présents dans la salle, en particulier Paul Martin. Il a longuement salué le travail de ce dernier alors qu'il était ministre des Finances et son apport à l'élimination du déficit du pays.

Un peu plus tôt, un autre ancien premier ministre, John Turner, s'est aussi adressé aux délégués. M. Turner a parlé de l'importance de donner un nouveau souffle au Parti libéral en renouvelant ses idées. Il a beaucoup insisté sur la nécessité de faire le pont entre les générations pour dynamiser le parti. « Vous pouvez faire la différence », a-t-il lancé à l'intention des jeunes.