Les réactions à l'élection de Stéphane Dion comme nouveau chef du Parti libéral du Canada n'ont pas tardé.
Le Bloc québécois soutient que le nouveau chef libéral ne réussira pas à lui ravir des votes au Québec. Le Parti conservateur et le NPD affirment pour leur part que Stéphane Dion ne représente pas un renouveau pour le Parti libéral.
Gilles Duceppe
Le Bloc québécois a été le premier parti à commenter l'arrivée de Stéphane Dion à la tête des troupes libérales. Le chef du parti, Gilles Duceppe, a félicité Stéphane Dion pour sa victoire, soulignant le fait que le nouveau chef libéral était parti de loin dans la campagne et qu'il a su rallier les appuis nécessaires pour gagner.
M. Duceppe a ajouté que Stéphane Dion sera un adversaire de taille au Québec lors de la prochaine campagne électorale fédérale. Il est toutefois confiant de voir les Québécois élire encore une fois une majorité de députés bloquistes.
Le Parti conservateur a quant à lui immédiatement critiqué le choix des délégués libéraux. La leader au Sénat, Marjory LeBreton, a affirmé que M. Dion était un « politicien d'une autre époque » qui ne représente pas le renouveau que souhaitent les Canadiens.
Le président du Conseil du Trésor, John Baird, a abondé dans le même sens. Il a rappelé que Stéphane Dion faisait partie du cabinet de Jean Chrétien à l'époque du scandale des commandites et qu'il occupait les fonctions de ministre lorsqu'ont éclaté d'autres scandales, comme celui du registre des armes à feu.
Il a aussi indiqué que M. Dion avait échoué comme ministre de l'Environnement. Lorsqu'il occupait ce poste, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 34,6 % et la qualité de l'air s'est dégradée à un rythme effréné, soutient M. Baird.
Michael Fortier
Le ministre des Travaux publics, Michael Fortier, dit quant à lui que « la route va être particulièrement difficile pour M. Dion au Québec. » M. Fortier a souligné que le nouveau chef libéral n'avait pas su rallier derrière lui les délégués du Québec.
Le ministre Fortier a rappelé que même le premier ministre du Québec, Jean Charest, a eu maille à partir avec M. Dion, tant il tient la ligne dure sur la question nationale. Rappelons que M. Dion est le père de la Loi sur la clarté référendaire.
Le Nouveau Parti démocratique n'a pas non plus épargné Stéphane Dion. Le député Peter Julian soutient que le nouveau chef de l'opposition ne représente pas le changement mais plutôt « les vieilles valeurs du Parti libéral. »
« Que M. Dion revienne et dise "On est renouvelé" et je suis le roi de ce renouvellement, je crois que ce ne sera pas crédible au sein de la population canadienne », a-t-il ajouté.
Comme les conservateurs, le NPD critique également M. Dion pour ne pas avoir su faire le plein de votes de délégués québécois. « Ça représente un certain manque de confiance, même au sein de son propre parti. C'est problématique », a conclu M. Julian.
Ces critiques n'ont pas empêché les leaders des principales formations politiques, tant sur la scène fédérale que provinciale, de téléphoner à Stephane Dion pour le féliciter de sa victoire.
Ainsi, le nouveau chef libéral a reçu des appels du premier ministre fédéral Stephen Harper, de son homologue québécois Jean Charest, du chef du Bloc québécois Gilles Duceppe et du chef du Nouveau Parti démocratique Jack Layton.