Stéphane Dion au moment de sa victoire
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Contre toute attente, c'est Stéphane Dion qui a remporté la course à la direction du Parti libéral du Canada, samedi.
Le député québécois bat Michael Ignatieff au quatrième tour de scrutin, avec 54,7 % des suffrages contre 45,3 %. Bob Rae avait été éliminé au troisième tour.
M. Dion a battu Michael Ignatieff au quatrième tour de scrutin. Il a recueilli 54,7 % des suffrages (2521 voix) contre 45,3 % (2084 voix) pour son adversaire. Au total, il y a eu 4625 votes au quatrième tour, dont 20 ont été annulés.
M. Dion devient ainsi le 11e chef du PLC et le troisième consécutif à provenir du Québec. « Rien ne nous empêche de réussir dans notre pays, même quand on parle anglais avec un accent français », s'est exclamé le député de Saint-Laurent/Cartierville dans son discours de victoire, prononcé devant quelque 6000 militants survoltés au Palais des congrès de Montréal.
Le nouveau chef a insisté longuement sur le fait que le PLC était un parti uni et qu'il « fallait maintenant se préparer pour les élections. » Comme nouveau chef de l'opposition, M. Dion a d'ailleurs lancé un message au premier ministre Stephen Harper, affirmant que « nous comptons les jours d'ici à la prochaine élection. »
Comme s'il était déjà en campagne, M. Dion a rappelé ses priorités, soit la prospérité économique, la justice sociale et le développement durable. Le nouveau chef a d'ailleurs exhorté tous les libéraux à s'engager activement pour faire du Canada un leader dans le domaine du développement durable.
M. Dion a aussi semblé vouloir se distancier de l'image d'intransigeance qu'il peut dégager, en lançant un message d'ouverture. « Nous avons besoin de toutes ces idées et nous allons offrir aux Canadiens la meilleure plateforme électorale qu'ils auront jamais vue [...] Nous, les libéraux, ensemble nous devenons une force que l'on ne peut arrêter ».
Au sujet du Québec, le père de la loi sur la clarté référendaire a indiqué qu'il fallait mettre à contribution la culture et le potentiel des Québécois pour faire du Canada un pays plus fort. « Québécois, ne nous laissons pas bloquer, assez de blocage », a-t-il dit en référence au Bloc québécois.
Michael Ignatieff
En ce qui concerne les relations fédérales-provinciales, M. Dion a dit vouloir travailler avec les provinces en respectant leurs compétences et leurs rôles.
De son côté, Michael Ignatieff a été bon perdant. « Nous avons choisi un grand chef, a-t-il lancé dans son discours concédant sa défaite. Nous avons choisi un homme de principe, de vision, de courage et de conviction. Il aura tout mon soutien et tout mon appui. »
Un troisième tour plein de surprises
Stéphane Dion avait créé la surprise en remportant le troisième tour de scrutin, principalement grâce à l'appui des délégués de Gerard Kennedy. Les deux candidats avaient conclu une entente selon laquelle celui qui terminerait quatrième au deuxième tour se rangerait aux côtés de l'autre pour le tour suivant.
Stéphane Dion a remporté 37 % des suffrages (1782 voix), contre 34,5 % (1660 voix) pour Michael Ignatieff, et 28,5 % (1375 voix) pour Bob Rae, qui a ainsi été éliminé.
Bob Rae
Remerciant ses partisans pour cette « excellente campagne », Bob Rae a aussitôt indiqué qu'il laisserait ses délégués libres de voter pour MM. Dion ou Ignatieff. « Ce n'est pas à Bob Rae de décider pour qui les délégués doivent voter. Ils voteront avec leur conscience », a-t-il dit.
Dès cet instant, Stéphane Dion a fait le plein d'appuis. Ken Dryden et Joe Volpe, qui avaient appuyé Bob Rae au troisième tour, se sont ralliés à lui. Les deux anciennes candidates à la direction Hedy Fry et Carolyn Bennett, l'ancien ministre des Finances Ralph Goodale, et Eddie Goldenberg, conseiller de Jean Chrétien pendant 30 ans, tous deux partisans de Rae aux tours précédents, lui ont aussi accordé leur appui.
De son côté, Michael Ignatieff avait le soutien de l'ancien ministre Martin Cauchon, organisateur de la campagne de Bob Rae, et de l'ancien candidat Scott Brison.
C'est pourtant Michael Ignatieff qui était arrivé en tête des deux premiers tours. La plupart des délégués étaient associés à un candidat particulier au premier tour. Mais à partir du second tour, ils étaient libres de voter pour le candidat de leur choix, ce qui a donné lieu à de nombreuses négociations en coulisse.