Joe Volpe donnant son appui à Bob Rae
Le congrès du Parti libéral du Canada a fait une première victime, vendredi soir. Le candidat Joe Volpe s'est en effet retiré de la course et s'est rallié à Bob Rae.
Le candidat annonce son retrait de la course à la direction et donne son appui à Bob Rae. Un peu plus tôt, les huit aspirants se sont adressés aux délégués.
Plus d'une centaine de délégués appuyaient M. Volpe. Cependant, ce ne sont pas tous les délégués qui vont appuyer Bob Rae. Certains, dont son organisateur, ont décidé d'appuyer Michael Ignatieff.
Avant l'abandon de M. Volpe, les huit candidats à la direction du Parti libéral du Canada avaient franchi une étape importante du congrès. Un après l'autre, ils ont prononcé un discours devant les milliers de délégués rassemblés au Palais des congrès de Montréal.
Michael Ignatieff a fait un discours prudent. Il a repris principalement les thèmes qu'il a abordés durant la campagne et évité les sujets controversés de la nation québécoise et de la mission en Afghanistan. M. Ignatieff a parlé de l'importance de donner un nouveau souffle au PLC en se basant sur les valeurs traditionnelles du parti, notamment l'environnement et la justice sociale.
Il s'en est aussi pris au premier ministre Stephen Harper. Il l'a notamment accusé de « monter les riches contre les pauvres », les provinces les unes contre les autres, les régions les unes contre les autres. Il lui a aussi reproché de « réformer le Canada en un pays moins progressif, moins juste, moins égal. »
Michael Ignatieff a également attaqué le Bloc québécois, se posant comme la seule alternative possible au Québec. « Gilles Duceppe et son parti n'offrent que des illusions et des déceptions. Nous devons et nous pourrons les battre à la prochaine élection » a-t-il dit.
En matinée, Michael Ignatieff s'est présenté devant la presse avec un nouveau partisan, l'ancien astronaute Marc Garneau. Bob Rae a annoncé pour sa part un nouvel appui à sa candidature, celui du député des Maritimes Andy Scott.
Bob Rae
Bob Rae a quant à lui prononcé un discours plein d'assurance, sans notes ou préparation écrite. « Je parle avec mon coeur », a-t-il lancé aux délégués. Dans son allocution, il a fait la promotion de l'unité du parti. « Le temps des désaccords est terminé » a-t-il affirmé, avant d'ajouter que le parti ne pouvait plus se permettre de discorde interne.
M. Rae a également abordé la question québécoise, soulignant que le parti se devait « d'appuyer les aspirations du Québec de l'avenir, non pas d'un Québec qui est diminué dans le visage du Bloc. » Il a notamment vanté l'entrepreneuriat québécois, qu'il a qualifié « d'innovateur et de fort. »
Pour le reste de son allocution, M. Rae a parlé de la lutte contre les changements climatiques, de la paix, du rôle du Canada sur la scène internationale et de la lutte contre la pauvreté. Ajoutons que sur les 25 minutes qu'a duré son discours, M. Rae n'a parlé que 5 minutes en français, ce qui a irrité certains délégués.
Pour sa part, Stéphane Dion a surtout abordé les thèmes de l'unité du pays et de l'unité du Parti libéral. « Permettez-moi d'unir le Parti libéral dans une lutte commune pour l'avenir du Canada », a-t-il dit. Il s'en est aussi pris au Bloc québécois, accusant le parti souverainiste de « bloquer » les choses.
Il s'est aussi engagé à faire de l'environnement, plus particulièrement de la lutte aux changements climatiques, une priorité. Il a aussi attaqué Stephen Harper, lui reprochant d'être collé sur la politique de l'administration Bush, aux États-Unis. Notons que M. Dion n'a pu terminer son discours, dépassant les 25 minutes qui lui étaient allouées.
Le quatrième principal candidat, Gerard Kennedy, a consacré une bonne partie de son discours au débat entourant la reconnaissance des Québécois comme nation. M. Kennedy, qui est opposé à une telle reconnaissance, a notamment évoqué l'importance de « l'unité plutôt que la division. » M. Kennedy a également parlé de l'importance de la lutte contre les changements climatiques.
Premier tour du scrutin
Pendant que les candidats s'adressaient aux délégués, le dépouillement des votes du premier tour de scrutin se poursuivait. Les résultats devraient être connus vers minuit.
L'inscription se terminait à 9 h
L'inscription des 4942 délégués et substituts délégués s'est terminée à 9 h, vendredi matin, comme prévu. Plusieurs d'entre eux se sont toutefois heurtés à des portes closes pour différentes raisons.
La situation de ces retardataires a dû être étudiée au cas par cas. Ceux qui avaient une bonne raison à faire valoir, comme l'annulation d'un vol prévu, ont été autorisés à voter.
Le scrutin a commencé avec quelques heures de retard, en raison du nombre exceptionnellement élevé de délégués substituts, ce qui a entraîné des problèmes de logistique. Il prenait fin vers 22 h.
Il sera possible de suivre les résultats en direct dès qu'ils seront publiés.
Jean Chrétien entre en scène
Vendredi après-midi, l'ancien premier ministre Jean Chrétien a fait une entrée remarquée au congrès du parti.
Jean Chrétien
Absent de la scène politique depuis trois ans, M. Chrétien s'est tout d'abord dit heureux d'être de retour au sein de la famille libérale. Au sujet de la course à la direction, il n'a pas voulu se mouiller et dire qui, selon lui, sera le gagnant ou la gagnante. Il a indiqué que chacun des candidats avait fait une bonne campagne et que, peu importe l'issue du vote, le parti sera en bonne position pour remporter les prochaines élections.
M. Chrétien a été à peine plus bavard lorsqu'il a été question de l'adoption de la motion sur la nation québécoise par la Chambre des communes. L'ancien chef libéral a indiqué qu'il n'était pas là pour commenter les questions d'actualité, mais que la motion pouvait porter à confusion. « Vous savez, moi, j'aime la clarté. Trois ministres ont fait des commentaires et ils étaient un peu mêlés. Peut-être un jour, M. Harper nous dira ce que ça veut dire. Et là, je ferai mes commentaires », a-t-il dit.
Jean Chrétien a réservé ses commentaires les plus acerbes pour celui qui lui a succédé, Paul Martin. M. Chrétien a admis que M. Martin avait été un excellent ministre des Finances au sein de son gouvernement. Questionné à savoir s'il pensait que M. Martin avait été un bon premier ministre, Jean Chrétien a eu ce commentaire, dans son style bien à lui: « Il n'a pas gagné. Évidemment, j'aurais aimé qu'il gagne. »
Jean Chrétien en a aussi profité pour faire taire les critiques au sujet de la dissension au sein du parti. Selon lui, le fait qu'il soit au congrès et qu'il va prononcer un discours samedi est la preuve que le PLC est uni.