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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

Faits saillants de la course

Mise à jour le lundi 4 décembre 2006 à 17 h 34
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Faits saillants de la course

Journaliste: Sophie-Hélène Lebeuf

Douze personnes s'étaient lancées dans la course; quatre ont déclaré forfait. Avec huit candidats en lice avant le début du congrès, les délégués ont tout de même l'embarras du choix. Certains candidats se démarquaient toutefois. Retour sur un mararathon de dix mois.

Le « super week-end » de septembre

À l'issue du « super week-end » libéral consacré à l'élection des délégués libéraux, fin septembre-début octobre, la première période s'est terminée à l'avantage de l'universitaire Michel Ignatieff. Celui-ci a récolté l'appui de près du tiers des délégués.

L'ancien premier ministre néo-démocrate de l'Ontario Bob Rae, le ministre démissionnaire ontarien Gerard Kennedy et l'ancien ministre Stéphane Dion se sont eux aussi hissés dans le peloton de tête, avec des appuis oscillant entre 16 % et quelque 20 %.

Les quatre autres candidats ont obtenu moins de 5 % d'appuis, mais aucun n'a pour l'instant l'intention de se retirer de la course. Parmi eux, un autre transfuge tente sa chance: Scott Brison, qui avait tenté de prendre la tête du Parti progressiste-conservateur en 2003. Ken Dryden, mieux connu pour ses exploits sportifs, a lui aussi sauté dans l'arène, tout comme le vétéran au sein du parti Joe Volpe. Sur le lot, il y a également une nouvelle venue en politique: l'avocate et femme d'affaires Martha Hall Findlay.

Michael Ignatieff était donc assuré de remporter le premier tour, même si les sondages réalisés auprès des libéraux peu avant l'élection des délégués suggéraient une chaude lutte entre lui et l'ancien ministre ontarien. Même si, aussi, certains observateurs ont cru voir un mouvement anti-Ignatieff. Ils en avaient notamment pour preuve que trois joueurs, Maurizio Bevilacqua, Carolyn Bennett et Hedy Fry, ont abandonné ce long marathon de plusieurs mois et accordé leur appui à Bob Rae.

Joe Volpe au centre de controverses

En mai, l'équipe du candidat Volpe a été soupçonnée d'avoir contourné les règles entourant le financement des courses à la direction, notamment parce qu'au moins cinq adolescents lui ont versé 5400 $ chacun. EN septembre, son bureau de campagne a également dû se défendre contre des allégations de méthodes de recrutement douteuses. Le PLC, qui tente de tourner la page sur le scandale des commandites, se serait bien passé de ces rebondissements. Craignant que le parti ne soit éclaboussé, certains stratèges libéraux ont même réclamé le départ de M. Volpe.

À l'exception de deux candidats (le Québécois Stéphane Dion et le Néo-Écossais Scott Brison), tous viennent de l'Ontario. Plus encore, les six Ontariens qui étaient en lice habitent dans la Ville Reine ou dans sa banlieue. Avant le désistement de M. Bevilacqua et de Mme Bennett, ils étaient huit. Un chroniqueur du Toronto Star a même parlé du Parti libéral de Toronto... Et il ne restait qu'une seule femme parmi les candidats.

La nation québécoise, vedette du débat

Il s'agissait de la première véritable course à la direction depuis une quinzaine d'années, puisqu'aucun des aspirants ne se posait en héritier naturel. On était loin de la course de 2003, qui avait davantage servi à couronner Paul Martin qu'à lancer un débat sur les enjeux.

Protocole de Kyoto, système de santé, renouvellement du parti, relations canado-américaines, mission des troupes canadiennes en Afghanistan, déséquilibre fiscal: autant d'enjeux clés débattus depuis le début de cette course de huit mois.

Mais les semaines précédant le congrès libéral, la reconnaissance de la nation québécoise a pris toute la place, comme le résume notre dossier sur la question la saga déchaîne les passions.

Rompant avec les positions traditionnelles du parti, Michael Ignatieff a reconnu la nation québécoise et le déséquilibre fiscal, deux thèmes que l'aile québécoise du PLC a d'ailleurs appuyés en adoptant des résolutions en ce sens lors de son congrès, en octobre.

Daniel Lessard

Si ce candidat semble avoir marqué des points, l'enthousiasme quant à ce changement de cap n'a pas été partagé partout. « Pour la majorité des Québécois francophones, il s'agit là d'une évidence. Pour le reste du Canada, c'est relancer un débat lancinant », estimait Daniel Lessard dans sa chronique La notion de nation.

En attendant son congrès, le parti a par la suite cherché à atteindre un compromis pour éviter la crise qui risquait d'éclater tant les factions libérales étaient divisées sur ce sujet. Et qui a même trouvé un écho dans le Parti conservateur et le Bloc québécois...

Le Parlement s'est même prononcé, le lundi, 27 novembre, sur une motion du gouvernement affirmant que « les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni ». Les principaux candidats dans la course à la direction du PLC se sont prononcés en faveur de cette motion. Tous, sauf Gerard Kennedy, qui ne siège cependant pas à la Chambre des communes.

Maurice Godin

Dans sa chronique Merci Monsieur Harper! le journaliste Maurice Godin estimait que le premier ministre Stephen Harper venait sauver la campagne de Michael Ignatieff...

Cet été, celui-ci avait déclaré qu'il fallait « tuer [...] les vaches sacrées » du PLC. Le débat sur la nation québécoise est certainement entré dans cette catégorie...

Un parti à renouveler

L'élection de janvier dernier a renvoyé les députés libéraux sur les banquettes de l'opposition, mettant ainsi fin à un règne de 12 ans. En annonçant son départ, Paul Martin a amorcé un mouvement visant à renouveler le parti et à refaire son unité.

Des absences remarquées

Dans les semaines qui ont suivi le déclenchement de la course, les candidats vedettes pressentis depuis des années comme des successeurs potentiels - l'ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick Frank McKenna, l'ex-premier ministre de Terre-Neuve Brian Tobin, de même que les anciens ministres John Manley et Allan Rock - se sont désistés les uns après les autres. Même Belinda Stronach, que plusieurs imaginaient dans la course, a renoncé à se présenter. Personne, semblait-il, ne désirait assumer le lourd défi de la reconstruction du parti. Quelques semaines à peine après avoir annoncé sa candidature, le premier candidat déclaré, le député ontarien John Godfrey, s'est désisté. Mais les candidats ont fini par se bousculer au portillon.