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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

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Mise à jour le lundi 4 décembre 2006 à 17 h 39
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Journaliste: Sophie-Hélène Lebeuf

Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada: rares sont ceux, autant chez les libéraux que chez les observateurs de la sphère politique, qui avaient imaginé un tel scénario. Il lui aura fallu quatre tours pour mettre un terme à une longue course de 10 mois, devançant Michael Ignatieff à la ligne d'arrivée.

Stéphane Dion a effectué une remontée spectaculaire

Photo: Luc Lavigne

Sa victoire, il la doit beaucoup à Gerard Kennedy, arrivé quatrième au 1er tour - avec deux maigres votes de moins que lui - et qui a choisi de se désister avant la tenue du troisième tour.

L'ancien ministre ontarien a mis tout son poids auprès des délégués qui l'appuyaient loyalement pour leur signifier que l'homme à appuyer était maintenant Stéphane Dion.

Ce dernier n'avait jusque là obtenu que le soutien de Martha Hall Findlay, première candidate contrainte à se désister, Bob Rae obtenant successivement l'appui de tous les autres candidats éliminés. Bref, l'ancien premier ministre ontarien a obtenu tous les appuis... sauf celui qui s'est avéré déterminant.

Du plan B au plan vert...

Repêché par Jean Chrétien après la campagne référendaire de 1995, Stéphane Dion s'est fait connaître comme auteur du « plan B », destiné à encadrer de façon stricte un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec. Ironiquement, s'il doit sa carrière politique à l'ancien premier ministre, il doit beaucoup ses nouvelles responsabilités à celui qui lui a succédé, éternel rival de Jean Chrétien. Paul Martin, qui a dans un premier temps écarté du Cabinet Stéphane Dion, fortement associé au camp Chrétien, lui a par la suite confié le ministère qui allait lui permettre de trouver sa nouvelle cause: l'environnement et la lutte contre les changements climatiques.

En fin de compte, qu'est-ce qui a motivé les délégués? Le fait que Stéphane Dion ait misé sur le développement durable, sa position face au Québec, l'inexpérience et les positions controversées de Michael Ignatieff, le passé néo-démocrate de Bob Rae? Sans doute un peu de tout cela, mais plusieurs militants libéraux du Québec ont estimé qu'il leur serait difficile de séduire les Québécois avec le père de la loi sur la clarté référendaire, une analyse partagée par de nombreux analystes.

« On m'a toujours sous-estimé, et c'est ma force. Jusqu'ici, cela m'a bien réussi », rétorque celui qui les a tous surpris en devenant le 11e chef du PLC.

Le vote en bref

Premier tour:
Michael Ignatieff: 1412
Bob Rae: 977
Stéphane Dion: 856
Gerard Kennedy: 854
Ken Dryden: 238
Scott Brison: 192
Joe Volpe: 156
Martha Hall Findlay: 130

Deuxième tour:
Michael Ignatieff: 1481
Bob Rae: 1375
Stéphane Dion: 974
Gerard Kennedy: 884
Ken Dryden: 219

Troisième tour:
Stéphane Dion: 1782
Michael Ignatieff: 1660 voix
Bob Rae: 1375

Quatrième tour:
Stéphane Dion: 2521 (54,7 %)
Michael Ignatieff: 2084 (45,3 %)

Et maintenant?

Force est d'admettre que le PLC a une pente importante à remonter. Le scandale des commandites a fait mal à la formation et a fait fondre ses appuis, particulièrement au Québec, où il n'a obtenu que 13 des 75 sièges.

Cette course à la direction était aussi l'occasion de tourner la page sur une décennie de guerre intestine entre les clans Martin et Chrétien. Dans une entrevue accordée à La Presse, le chef intérimaire de l'opposition officielle, Bill Graham, en a même parlé comme de « la fin du massacre de la Saint-Barthélemy, la fin des guerres de religion ».

Et les défis sont grands. Il faut notamment redonner une meilleure santé financière au parti, qui traîne une dette de 1,8 million de dollars.

Les candidats se dévoilent

Quel adversaire politique respectent-ils le plus, qui a selon eux été le meilleur premier ministre, quels trois mots choisissent-ils pour se définir, quel est leur site web préféré? Les huit candidats ont accepté de se soumettre à un questionnaire un peu différent... Consultez notre section Hors des questions battues pour comparer leurs réponses ou la page des candidats qui vous intéressent pour lire ou écouter l'entrevue intégrale.



Notre correspondant parlementaire Patrice Roy et le réalisateur Dave Shymanski ont quant à eux rencontré les quatre favoris de la course. Le Téléjournal a diffusé les portraits des candidats, nous vous présentons en exclusivité les entrevues intégrales.