Le Bloc veut un vote

Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois Gilles Duceppe

À quelques jours de l'ouverture du congrès à la direction du Parti libéral du Canada (PLC), le Bloc québécois a décidé de jouer les trouble-fête.

Le chef Gilles Duceppe présentera jeudi une motion demandant à la Chambre des communes de reconnaître que les Québécois forment une nation.

Le parti entend profiter de sa journée d'opposition pour présenter une motion sur la reconnaissance de la nation québécoise et ainsi forcer un vote sur la question. Jeudi, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, va présenter la motion suivante : « Que cette Chambre reconnaisse que les Québécoises et les Québécois forment une nation. »

Le vote pourrait avoir lieu mardi prochain, soit la veille de l'ouverture du congrès libéral, à Montréal, où les militants devront d'ailleurs débattre en atelier d'une résolution sur la nation québécoise.

Cette résolution a été présentée par des militants de l'aile québécoise du PLC il y a un peu plus d'un mois. Cette initiative a eu pour effet de diviser et d'embêter les libéraux. De tous les candidats à la direction du parti, seul Michael Ignatieff s'est prononcé en faveur. Les autres candidats, Bob Rae et Stéphane Dion en tête, en ont profité pour attaquer sur la question celui qui est considéré comme le favori de la course.

Pour apaiser les esprits, plusieurs ténors du parti travaillent maintenant en coulisses pour suggérer une formule de compromis qui pourrait permettre au PLC de sauver la face lors de son congrès.

Ce n'est pas la première fois que le Bloc québécois présente aux Communes une motion visant à reconnaître le Québec comme nation. En octobre 2003, alors que Jean Chrétien était premier ministre, le Bloc avait présenté une motion confirmant le Québec comme nation et confirmant un droit de retrait avec pleine compensation financière pour toute initiative fédérale faisant intrusion dans les juridictions du Québec. Elle avait été battue par 168 votes contre 38.

À l'époque, les députés de l'Alliance canadienne, dont plusieurs siègent maintenant au sein du Parti conservateur, s'étaient prononcés contre la motion, à l'exception d'un seul, Rob Anders.