À la recherche d'un second souffle

mario-dumont Mario Dumont

Plus de 400 militants de l'Action démocratique du Québec (ADQ) sont réunis en congrès pour la fin de semaine à Trois-Rivières. Les troupes de Mario Dumont veulent se repositionner au centre-droit de l'échiquier politique en vue de la prochaine élection provinciale.

Les membres de l'Action démocratique du Québec sont réunis à Trois-Rivières pour élaborer un programme politique qui saura séduire les familles de la classe moyenne. Ils proposent notamment d'abolir les commissions scolaires.

Conscients de leurs mauvais résultats, les adéquistes tentent de concocter un programme politique qui saura séduire la clientèle qu'ils visent: les familles de la classe moyenne. Autrement dit, être « le parti de ces hommes et ces femmes qui travaillent fort, qui sont lourdement taxés et qui aspirent à un avenir meilleur pour leurs enfants », dit M. Dumont.

Certains ont des visées modestes pour la prochaine élection. « Déjà, l'opposition officielle, ce serait très bien pour la démocratie et pour le Québec », a affirmé Jean Allaire, cofondateur du parti avec Mario Dumont.

Mais le nouveau président du parti, Gilles Taillon, est plus ambitieux. « On va présenter un programme séduisant, on a une bonne équipe: l'objectif, c'est de gagner, ce n'est pas d'arriver deuxième », a déclaré cet ancien président du Conseil du patronat du Québec, sans expérience politique.

Accommodement raisonnable: Mario Dumont en remet

Sur le fond, Mario Dumont pense avoir visé juste en ouvrant le débat sur l'accommodement raisonnable. Samedi, il a répété que ni le premier ministre Jean Charest et ni, surtout, le chef péquiste André Boisclair n'ont eu le courage des mots.

« On ne peut défendre l'identité québécoise avec un gruau de mots que personne ne comprend. On ne peut défendre l'identité québécoise avec un genou à terre », a-t-il lancé devant ses militants.

jean-allaire Jean Allaire

M. Allaire a renchéri. « Les gens n'ont jamais compris, et ne comprendront jamais non plus que nous, nous soyons obligés de nous assujettir à des exigences qui nous sont complètement étrangères, alors que nous avons accueilli les gens à bras ouverts », a-t-il dit.

M. Allaire estime que le port du kirpan (poignard sikh) à l'école, autorisé à la suite d'une décision de la Cour suprême du Canada, est un exemple « qui rebrousse le poil ». « Pour le simple mortel, ça n'a aucun sens », a-t-il fulminé.

« C'est d'abord une question de société et c'est une question qui mérite qu'il y ait une attention constante, pas juste une attention basée sur un élément d'actualité », a rétorqué le premier ministre Charest qui participait à un colloque régional non loin de là.

Abolir les commission scolaires

Au cours de la fin de semaine, l'ADQ a l'intention de clarifier ses positions en matière d'éducation et de famille.

Les militants ont adopté samedi après-midi une résolution proposant l'abolition pure et simple des commissions scolaires qui, de leur point de vue, coûtent trop cher. Soulignant le peu d'intérêt que suscitent les élections scolaires, ils veulent décentraliser et redistribuer les ressources humaines et financières vers les écoles et les élèves.

Cependant, Mario Dumont n'a pas voulu garantir que cette résolution se retrouvera dans la plateforme électorale du parti. « On ne fera pas comme les libéraux: on ne mettra pas n'importe quoi pour annoncer aux gens, le lendemain de l'élection, que ça n'arrivera pas », a-t-il dit.

Deux propositions visant à encourager les Québécois à faire des enfants ont aussi été adoptées. D'une part, l'ADQ voudrait donner un boni de 5000 $ sous forme de chèque pour chaque famille qui compte trois enfants et plus. D'autre part, le parti promet de rembourser les individus qui essaient des traitements contre l'infertilité.

Dimanche, les militant doivent débattre de la possibilité de ramener la non-mixité dans les classes du Québec. Mario Dumont explique que les garçons réussissent mieux quand ils sont entre eux. Par ailleurs, il compte augmenter le nombre d'enseignants masculins, qui sont, selon lui, la clé de la réussite scolaire des adolescents.