Couillard refuse de bouger

Le ministre Philippe Couillard Philippe Couillard

Le ministre de la Santé du Québec, Philippe Couillard, a réagi vendredi à la décision de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) de rejeter les dernières offres gouvernementales bonifiées.

Le ministre de la Santé maintient sa dernière offre rejetée par les médecins spécialistes du Québec. Les médecins résidents du Québec réclament quant à eux un retour rapide à la table des négociations.

M. Couillard a jugé que la dernière proposition de Québec était intéressante et a invité une autre fois les médecins à reprendre les négociations.

Le ministre a refusé d'envisager toute abrogation de la loi 37, qui fixe le salaire et les conditions de travail des spécialistes, avant une reprise des pourparlers. « Cette discussion est prématurée », a-t-il tranché.

M. Couillard a ajouté que cette loi assurait la sécurité des patients. Il a rappelé les moyens de pression évoqués entre autres par les obstétriciens-gynécologues, qui menacent de cesser de faire des accouchements en janvier prochain.

Afin de dénouer l'impasse qui persiste depuis l'adoption de la loi 37, en juin dernier, le gouvernement du Québec a offert jeudi de verser une augmentation de salaire de 12,5 % sur six ans, soit une hausse de 10 % entre le 1er avril 2008 et le 31 mars 2010 et de 2,5 % pour les deux années suivantes.

Au total, Québec offre donc près de 838,5 millions de dollars aux 8000 médecins spécialistes du Québec. Selon le ministre Couillard, leur revenu moyen augmenterait ainsi de 29 %. Le ministre espérait que cette bonification relance les négociations entre les deux parties, qui sont rompues depuis l'adoption de la loi spéciale.

Les spécialistes mécontents

Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec Gaétan Barrette

Le nouveau président de la FMSQ, Gaétan Barrette, est toutefois loin d'accueillir la proposition gouvernementale à bras ouverts.

Il réclame le retrait de la loi 37 au profit d'une proposition qui respecte les lettres d'entente conclues avec le précédent gouvernement.

En plus de la parité salariale avec leurs collègues canadiens, ces lettres d'ententes comprennent une série de clauses régissant la garde, l'enseignement, le renouvellement des équipements et la rémunération des tâches médico-administratives.

M. Barrette a accusé le ministre Couillard de négocier par l'entremise des médias. Le président de la FMSQ se dit ouvert à une éventuelle médiation, mais pose certaines conditions.

Les médecins spécialistes du Québec demandent des augmentations de salaire de 44 % pour combler l'écart qui les sépare de leurs collègues canadiens. Un médecin québécois gagne en moyenne 239 000 $ par année, alors que la moyenne canadienne est de 343 000 $. Le Québec est au dernier rang des provinces canadiennes à ce chapitre.

Les étudiants s'en mêlent

Martin Bernier, président de la Fédération des médecins résidents du Québec. Martin Bernier, président de la Fédération des médecins résidents du Québec.

Prise entre deux chaises, la Fédération des médecins résidents du Québec réclame une rencontre avec la nouvelle direction de la Fédération des médecins spécialistes pour lui demander de modifier les moyens de pression qui touchent les résidents.

Tout en disant appuyer les revendications des médecins spécialistes, les médecins résidents trouvent que leurs moyens de pression sont inadéquats et que ce sont eux qui en font les frais.

Depuis le mois dernier, les médecins spécialistes suspendent leurs cours aux résidents et aux stagiaires. La Fédération soutient que si le conflit perdure entre Québec et les spécialistes, plus de 250 médecins résidents pourraient ne pas graduer cette année.

Les médecins résidents disent qu'ils fournissent un service, et que leur salaire leur est versé sous forme de cours, ce qu'ils n'ont pas présentement. La Fédération affirme qu'elle envisage d'ailleurs d'entreprendre des recours juridiques, notamment contre les médecins spécialistes.

Pour leur part, les étudiants stagiaires en médecine de l'Université de Montréal, qui se disent eux aussi victimes des moyens de pression des médecins, ont organisé vendredi une manifestation devant le bureau du ministère de la Santé à Montréal, pour demander une résolution rapide du conflit.

La Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) a quant à elle déploré vendredi le « dialogue de sourds » entre Québec et les médecins spécialistes. Elle invite les deux parties à reprendre les négociations au plus vite. La FMEQ regroupe les quatre associations des étudiants des facultés de médecine des universités Laval, McGill, de Montréal et de Sherbrooke. Elle compte 3412 membres.