Ken Dryden... hors des questions battues

Ken Dryden   © PC/Adrian Wyld

1. Si je vous demandais de définir Ken Dryden en trois mots ou expressions, lesquels choisiriez-vous?
Je crois que je suis quelqu'un qui aime faire des expériences, apprendre et voyager partout.

2. Qui est votre modèle, votre source d'inspiration?
Si j'ai un modèle, ce serait probablement mon frère Dave, qui a six ans de plus que moi. Pour moi, c'était très important de faire toutes les choses que Dave faisait dans toutes les activités, dans les sports. Dave était quelqu'un qui ne me traitait pas comme un enfant, qui ne me traitait pas comme si j'étais quelqu'un qui n'était pas important, pas intéressant pour un frère plus âgé. Il m'incluait presque tout le temps. [...] Il a joué pour les Sabres de Buffalo, aussi pour les Black Hawks [de Chicago] et les Oilers [d'Edmonton].

3. Si on s'inspirait de votre vie pour créer un personnage, dans quelle oeuvre (série télévisée, film ou roman) pourrait-on le voir évoluer?
(rires) C'est une question diabolique! Sesame Street. L'une des choses qui étaient le plus surprenant pour moi était d'être parent et l'opportunité d'avoir encore les expériences d'un enfant. C'était si surprenant, si intéressant d'avoir une deuxième opportunité de faire une expérience comme ça et avec les choses si excitantes, si différentes, si surprenantes, si difficiles, si incroyables. Et dans l'émission Sesame Street, il y a l'esprit de ça [...].

4. Qui a été le meilleur premier ministre du Canada et pourquoi?
Pour moi, c'était M. [Pierre Elliott] Trudeau [1968-1979, 1979-1984]. Il a eu un esprit des possibilités. Quand il est devenu premier ministre, je crois que j'avais 21 ans, j'étais à l'université, quand on découvre les possibilités, les capacités. Pour moi, le Canada est toujours un pays de l'avenir, avec les grandes possibilités. Et pour moi, M. Trudeau a représenté ça.

5. Quel est l'adversaire politique que vous respectez le plus ou que vous avez le plus respecté au cours de votre carrière?
Il n'y a personne à ce moment-ci en politique. Peut-être dans les sport. C'était Bobby Orr. Il était le meilleur joueur contre qui j'ai joué. Il était un bon compétiteur. Il était un joueur avec beaucoup, beaucoup de talent et il le savait. Donc, il comprenait qu'il avait une responsabilité de faire des choses très bien tout le temps. Donc, quand on jouait contre les Bruins et Bobby Orr, c'était un test très difficile. C'était incertain si c'était possible pour vous de rencontrer le test. Il faisait ressortir le meilleur de vous-mêmes. Et il vous faisait [découvrir en vous des capacités que vous ignoriez].

6. Sur une échelle de 0 à 10, quelle importance attribuez-vous aux dossiers suivants (une note ne peut être attribuée qu'une seule fois):

  • Défense et sécurité? 8
  • Environnement? 9
  • Règlement du déséquilibre fiscal? 6*
  • Remboursement de la dette? 6
  • Accessibilité du système de santé? 9
  • * Ma compréhension du déséquilibre fiscal, il y a beaucoup de définitions de ça. Pour moi, c'est un état dynamique, il y a une vraie connexion entre la péréquation et le déséquilibre fiscal, il y a donc un rôle pour le gouvernement fédéral d'assurer à la population que dans chaque province et territoire, tout le monde a presque le même niveau de services pour presque le même niveau d'impôt. C'est donc une question très importante, très fondamentale pour la population. Il y a eu beaucoup de [désaccords] entre les parties et presque tout le temps, il y a une sorte de déséquilibre fiscal, mais le sens public, particulièrement au Québec, maintenant, est différent de ça. Donc, c'est difficile de répondre dans une manière où l'audience comprend. C'est beaucoup plus simple pour les autres [dossiers].

    7. Quels sont les deux enjeux qui vous tiennent le plus à coeur?*
    (*La réponse a été résumée. Vous pouvez écouter la réponse intégrale.)
    Premièrement, je crois que c'est critique pour nous d'être une vraie société d'apprentissage. Par exemple, dans une entreprise, c'est nécessaire pour nous d'imaginer les autres manières de faire et d'adapter la technologie, les systèmes, etc. C'est ce que nous faisons aussi comme individu, de toujours apprendre, comme un enfant, pas seulement à l'école, mais avec les autres expériences, dans les activités, les arts, le sport, etc. Tout ce que nous faisons nous donne l'occasion d'apprendre. Pour nous comme individu, comme entreprise, comme gouvernement, [il faut] comprendre ça, refléter ça, encourager ça, avec les politiques, les motivations, les bourses, l'aide. L'apprentissage est la seule vraie sécurité et aussi la seule opportunité.

    [Le deuxième élément] est probablement l'environnement. C'est vraiment le temps de grands défis pour nous, pour les êtres humains et la planète. On utilise le mot « responsabilité » fréquemment, mais c'est une obligation pour nous, pour les autres dans l'avenir.

    Le troisième, pour moi, est peut-être le Canada dans le monde. Je crois que l'avenir n'appartiendra pas aux superpowers, mais aux middle powers comme le Canada, les pays de puissance moyenne. Dans un monde mondialisé, où tout le monde est assez petit, c'est nécessaire d'avoir les capacités, les instincts d'un pays de puissance moyenne, les instincts d'écouter, d'apprendre, d'adapter, de trouver, de travailler ensemble, de négocier, de faire des compromis. Le Canada [a ces] instincts, [ces] attitudes. Nous, et aussi les autres pays de puissance moyenne, jouerons un grand rôle dans l'avenir.

    8. Si vous deveniez premier ministre du Canada demain matin, quel est le premier geste que vous poseriez?
    Probablement de dire quelque chose que M. [Stephen] Harper n'a pas dit quand il est devenu premier ministre, de dire à tout le monde à ce moment-ci: « je suis le premier ministre de toute la population, de tous les Canadiens, de toutes les Canadiennes. » C'est ma responsabilité de faire des choses pour les personnes qui votent contre moi et pour moi, les personnes qui ne sont pas d'accord avec moi et les personnes qui sont d'accord. C'est la responsabilité d'un premier ministre, on doit être quelqu'un qui fait les connexions entre les gens, pas seulement les libéraux, mais aussi les conservateurs, les bloquistes et le NPD. Vous êtes le premier ministre de tout le monde.

    9. Outre le Canada, dans quel pays aimeriez-vous vivre?
    C'est une bonne question. (rires) Plusieurs pays. J'aime beaucoup l'Italie, j'aime toutes les choses: le paysage, la variété, les villes de colline - les hilltowns -, la température, la nourriture, l'attitude. C'est un regard: je ne sais pas si c'est possible d'utiliser le mot regard pour un paysage, mais c'est les couleurs, la variété, les rochers, les petites montagnes, les changements bien soudains et aussi les côtes. [...]. Et aussi le gelato, j'aime beaucoup le gelato. (rires)

    10. À part votre propre site ou celui du PLC, quel site web préférez-vous consulter?
    Je n'ai pas de réponse. [Je ne navigue] pas beaucoup [sur Internet]. Il n'y a pas de site web [spécifique]. Pour moi, c'est pour trouver une chose en particulier, donc, dans Google, mais pas pour visiter un site web particulier.

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