Il y a 30 ans aujourd'hui, le 15 novembre 1976, le Parti québécois (PQ) causait toute une surprise et prenait le pouvoir pour la première fois. Mené par René Lévesque, le PQ remportait 71 sièges, contre 26 pour les libéraux de Robert Bourassa et 11 pour l'Union nationale. Le PQ avait récolté 41 % des voix.
Mené par René Lévesque en 1976, le PQ remportait 71 sièges et infligeait une défaite surprise aux libéraux de Robert Bourassa.
René Lévesque était élu dans la circonscription de Taillon, à Montréal, avec 22 445 voix de majorité et devenait le 23e premier ministre du Québec.
Vers 22 h ce soir-là, devant des milliers de personnes en liesse rassemblées au Centre Paul-Sauvé de Montréal, René Lévesque avait prononcé un discours devenu célèbre. Il avait ainsi déclaré: « Nous ne sommes pas un petit peuple. Nous sommes peut-être quelque chose comme un grand peuple. J'ai jamais pensé que je pourrais être aussi fier d'être Québécois que ce soir. »
La petite histoire du parti nous apprendra que M. Lévesque avait préparé deux discours, mais qu'il avait dû en écrire un troisième devant l'ampleur de la victoire.
Fort d'une majorité sans précédent avec 102 des 110 sièges à l'Assemblée nationale, le premier ministre libéral Robert Bourassa avait déclenché des élections le 18 octobre 1976 après trois ans de pouvoir.
Lors de la campagne électorale, pour contrer un Robert Bourassa qui brandit la « menace séparatiste », le PQ adopte une stratégie voulant rassurer l'électorat. Mise au point par Claude Morin, cette stratégie de l'étapisme propose la réalisation graduelle de l'indépendance. Renonçant à son intention de réaliser la souveraineté-association dès son accession au pouvoir, le Parti québécois s'engage à tenir un référendum préalable sur cette question lors de son premier mandat.
Après sa victoire, les choses ne seront toutefois pas faciles pour le PQ. Les Québécois seront alors vus comme les Cubains du Nord, rappelle Jacques Parizeau dans une entrevue à La Presse.
Le ministre des Finances, du Revenu et président du Conseil du Trésor de 1976, se souvient qu'il était alors impossible de trouver du financement sur les marchés de Montréal, Toronto et New York. Il avait dû se tourner vers l'Europe pour finalement obtenir les fonds dont le Québec avait besoin pour développer ses projets. Par la suite, les marchés américains rassurés ont décidé eux aussi de prêter à ces Cubains du Nord.
Aujourd'hui
Trente ans plus tard, après l'échec de deux référendums, le chef du parti, André Boisclair, affirme qu'il est de plus en plus clair que le Québec doit accéder au rang de nation.
Dans une lettre aux journaux, il souligne l'importance pour le Québec de prendre sa place dans les discussions sur les enjeux qui le concernent comme les accords commerciaux ou les changements climatiques.
Selon M. Boisclair, il est essentiel que le Québec ait sa voix au sein de la communauté internationale, surtout dans le contexte de mondialisation actuel. « Pour avoir prise sur les décisions et les enjeux qui nous concernent, il faut être assis à la table des nations, là où ça se décide », soutient le chef péquiste.
Pour souligner le 30e anniversaire de la première élection du PQ, un grand rassemblement doit avoir lieu mercredi soir à Québec. Tous les anciens chefs du parti ont été invités, mais seul Bernard Landry a indiqué qu'il allait être présent.