Ignatieff moins résolu

Michael Ignatieff Michael Ignatieff (archives)

Le meneur dans la course à la direction du Parti libéral du Canada (PLC) entend adoucir la résolution adoptée par l'aile québécoise du parti, le 21 octobre dernier, qui veut reconnaître au Québec son statut de nation dans la Constitution.

Le meneur dans la course à la direction du Parti libéral du Canada veut adoucir la résolution adoptée par l'aile québécoise du parti, qui veut reconnaître à la province son statut de nation dans la Constitution.

Le libellé en deux parties exige d'une part la reconnaissance en tant que telle et, d'autre part, qu'un groupe de travail soit mis en place pour étudier comment ce nouveau statut devrait être officialisé.

C'est la création de ce groupe d'experts que Michael Ignatieff proposera de retirer de la résolution. Il croit qu'il ménagera ainsi les susceptibilités et des libéraux québécois, qui tiennent à une reconnaissance nationale, et des libéraux hors Québec, farouchement opposés à tout statut particulier.

Les partisans d'Ignatieff pensent qu'une reconnaissance sans modification de la Constitution plaira davantage. Pablo Rodriguez estime que, de toute façon, « l'essence de la résolution est dans la première partie ».

La résolution sera mise aux voix deux jours avant l'élection du nouveau chef du parti, et plusieurs craignent qu'elle ne divise les participants. Ignatieff, le seul des huit candidats à l'appuyer, tente depuis quelques jours de réunir ses sept adversaires autour de son amendement. Aucun n'a pour l'instant signifié son intention de s'y rallier.

Selon un sondage commandé par la CBC, les positions sont bien campées, et elles ressemblent à celles qui avaient été exprimées quand le Canada avait voté contre l'entente de Charlottetown en 1992. Ainsi, 64 % des citoyens hors Québec ne voient pas la province comme une nation, alors que 61 % de ses résidents le croient.

Les données sont encore plus aux antipodes quand il est question de modifier la Constitution. Quatre-vingt-trois pour cent des Canadiens hors Québec y sont opposés, tandis que 66 % des Québécois interrogés n'y voient pas d'objection.