Stéphane Dion
Devant l'ampleur que prend le débat sur la reconnaissance du Québec comme nation, le seul candidat québécois dans la course à la direction du Parti libéral du Canada (PLC), Stéphane Dion, lance un appel au calme.
Le seul candidat québécois dans la course à la direction du Parti libéral du Canada lance un appel au calme dans le débat sur la reconnaissance du Québec comme nation.
Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, M. Dion estime notamment que les commentaires de Bob Rae, un de ses adversaires dans la course, et de Jean Lapierre, le député d'Outremont, sont exagérés.
Les commentaires de M. Dion surviennent au moment où le débat sur la controversée résolution, adoptée il y a une dizaine de jours par l'aile québécoise du PLC et appuyée par le meneur dans la course, Michael Ignatieff, continue de faire couler beaucoup d'encre.
Des tractations sont d'ailleurs en cours pour éviter que l'affaire ne fasse dérailler le congrès de Montréal, qui s'ouvrira le 28 novembre, et au cours duquel le prochain chef libéral sera élu. Les négociations portent vraisemblablement sur la façon « d'officialiser » cette reconnaissance.
Jean Lapierre (archives)
Le plus proche poursuivant de M. Ignatieff dans la course à la direction du PLC, Bob Rae, a dit craindre lundi que le débat ne fasse déraper le congrès. La résolution, soutient-il, risque de nécessiter une réouverture de la Constitution et de diviser les délégués.
Au Québec, les principales figures de proue du PLC continuent de défendre l'idée. Interrogé dans La Presse, le député d'Outremont, Jean Lapierre, soutient que le Parti libéral du Canada ne peut pas se permettre de « donner une nouvelle claque au Québec » en rejetant la controversée résolution.
M. Lapierre, qui est demeuré neutre dans la course à la direction, estime que la résolution constitue une branche d'olivier tendue aux Québécois. « Chaque fois que le PLC a refusé de reconnaître la différence québécoise, ça nous a coûté très cher », indique-t-il.
Jean Lapierre évoque notamment la naissance du Bloc québécois, à laquelle il a participé après l'échec de l'accord du lac Meech, le référendum de 1995 et le programme des commandites, créé, dit-il, pour « faire oublier la différence québécoise ».
Michael Ignatieff (archives)
L'ancien bras droit de Paul Martin au Québec n'est pas le seul à appuyer la résolution. Denis Coderre, Pablo Rodriguez et Marc Garneau l'appuient également. Dans une lettre publiée dans Le Devoir, ce dernier écrit qu'il est temps de tendre la main au Québec afin de faire du Canada un pays plus fort.
Stéphane Dion déplore pour sa part que ce « débat sémantique qui n'a aucune portée concrète pour les gens » fasse la manchette. Il s'agit maintenant d'un « enjeu gonflé à l'hélium ».
M. Dion affirme que le débat entourant « la pire menace écologique à laquelle fait face l'humanité » est autrement plus important et doute que l'éventuelle adoption de la résolution ait une signification concrète pour les Québécois. La résolution, dit-il, ne définit même pas ce qu'est une nation et ne précise pas si ce statut sera assorti de pouvoirs à la clé.
Martha Hall Findlay, la seule femme candidate à la direction du PLC, estime pour sa part que les huit candidats toujours en lice devraient publier une déclaration conjointe stipulant que le Québec constitue une nation au sein du Canada, mais que le moment n'est pas venu de rouvrir la Constitution.
M. Ignatieff a fait savoir lundi qu'il était prêt à appuyer un amendement afin de permettre l'adoption de la résolution lors du congrès de Montréal.