Claude Béchard
Le ministre québécois du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard, a ajouté sa voix à celle de son chef Jean Charest pour critiquer la proposition adoptée en fin de semaine par les militants du Parti québécois (PQ) pour la nationalisation de l'énergie éolienne.
Le ministre du Développement durable soutient que le développement de cette filière énergétique est mieux assuré par le secteur privé, notamment parce qu'il est plus avancé qu'Hydro-Québec au plan technologique.
Le chef du PQ, André Boisclair, s'est cependant prononcé contre la proposition. Il a expliqué qu'il était hors de question d'exproprier des entreprises qui ont déjà commencé à exploiter l'énergie après en avoir acquis les droits.
M. Béchard estime qu'une nationalisation nuirait au développement de l'industrie éolienne. « Le plus grand danger pour le Québec serait de voir arriver M. Boisclair et son équipe au pouvoir. Le développement de la filière éolienne serait mis de côté, le temps de régler les chicanes au PQ », dit-il.
Le ministre soutient que plusieurs entreprises privées sont beaucoup plus avancées qu'Hydro-Québec en matière de technologie éolienne, ce qui justifie le choix du gouvernement Charest de leur confier la construction des installations.
Le premier ministre Charest a déclaré dimanche que la nationalisation de l'éolien coûterait très cher aux Québécois. Il a donné l'exemple de la nationalisation, selon lui désastreuse, de l'amiante en 1977.
Isolement politique
André Boisclair
Au plan politique, Claude Béchard ajoute qu'André Boisclair s'est isolé dans le dossier des éoliennes, tout comme lorsqu'il a refusé de se joindre à la coalition environnementale non partisane créée la semaine dernière pour faire pression sur le gouvernement fédéral.
M. Boisclair jugeait les libéraux trop conciliants dans ce dossier parce qu'ils n'exigeaient pas le versement des plus de 300 millions de dollars promis en transferts fédéraux. Claude Béchard répond qu'il n'a pas renoncé à récupérer cette somme.
Le ministre Béchard est aussi opposé à l'idée d'une zone de péage urbain au centre-ville de Montréal, autre proposition appuyée par les militants du PQ. Il affirme que le développement du réseau de pistes cyclables et l'amélioration du service de transports en commun sont les solutions à privilégier pour limiter l'utilisation de l'automobile en ville.