Le meneur dans la course à la direction du Parti libéral, Michael Ignatieff, est venu préciser sa pensée sur ses propos controversés émis lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle de Radio-Canada du 8 octobre dernier.
Le candidat veut obtenir la version d'Israël sur son action militaire israélienne à Cana et cite des rapports de Human Right Watch et de Amnesty international pour justifier des propos controversés.
Après avoir soutenu que la mort de 50 civils à Cana sous les tirs israéliens dans le cadre du conflit entre l'État hébreu et le Hezbollah libanais était un crime de guerre, M. Ignatieff avance maintenant qu'il revient aux instances internationales de porter un tel jugement.
Il ajoute cependant qu'il ne fait aucun doute, tant pour Amnesty International que pour Human Right Watch, que de tels crimes contre des civils ont été commis par les deux camps lors de ce conflit.
Il reconnaît cependant que les conclusions de ces rapports sont contestées par Israël et c'est pourquoi il entend se rendre durant trois jours en novembre prochain dans l'État hébreu pour recueillir sa version.
Israël, pomme de discorde
Michael Ignatieff n'a pas hésité non plus à donner la réplique au premier ministre Stephen Harper qui avançait jeudi que ses propos sur Cana s'inscrivaient dans la logique anti-israélienne prise par la presque totalité des candidats à la direction libérale.
« De dire que quelqu'un qui fait une critique basée sur des données sérieuses est un ennemi d'Israël est absurde », a insisté M. Ignatieff, qui estime qu'on peut être un ami d'Israël sans s'interdire de le critiquer.
Le premier ministre s'était aussi attiré jeudi les critiques de Stéphane Dion et de Bob Rae, les deux principaux adversaires de Michael Ignatieff dans la course à la direction du parti.
Cela n'a pas empêché Stephen Harper d'en remettre aujourd'hui par des accusations d'hypocrisie à l'égard des offensés, affirmant que les candidats au leadership, à l'exception de Joe Volpe et de Scott Brison, ont critiqué Israël lors du conflit libanais.
Une militante de marque quitte le PLC
Michael Ignatieff a par ailleurs dit regretter le départ du parti de l'épouse du député et ex-ministre de la Justice Irwin Cotler, en réaction à ses propos à Tout le monde en parle.
Il refuse d'interpréter ce geste comme une preuve du succès des attaques de Stephen Harper.
Dans une lettre ouverte au National Post publiée aujourd'hui, Ariela Cotler juge que M. Ignatieff, par ses propos, montre qu'il n'est pas capable de faire la différence entre agresseurs et agressés.
Elle rappelle que c'est sous un gouvernement libéral que le Hezbollah a été placé sur la liste des organisations terroristes internationales.
Elle accuse M. Ignatieff d'avoir sacrifié la vérité en vue de faire des gains politiques au Québec.
Son mari appuie l'ancien premier ministre ontarien Bob Rae dans la course à la direction du PLC.