L'approche flexible d'Ottawa

raffinerie Fort McMurray, en Alberta

Dans le cadre de son « approche verte », le gouvernement conservateur donnerait une plus grande marge de manoeuvre aux entreprises productrices de pétrole et de gaz naturel dans la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, selon le Toronto Star.

Les producteurs de gaz et de pétrole pourraient profiter d'une marge de manoeuvre supérieure à celle des autres industries pour atteindre leurs cibles d'émissions de gaz à effet de serre.

La ministre fédérale de l'Environnement, Rona Ambrose, a indiqué mercredi qu'Ottawa pourrait imposer des limites « absolues » aux émissions de gaz à effet de serre de certaines industries, mais pas à celles du secteur de l'énergie, rapporte le quotidien.

Mme Ambrose, qui rencontrait ses homologues des provinces et des territoires à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, a expliqué que cette industrie aurait à atteindre des objectifs basés sur « l'intensité des émissions ». Ces objectifs seraient flexibles et s'adapteraient à la croissance de la production.

La leader du Parti vert, Elizabeth May, s'insurge contre une telle approche. Une réduction des émissions par baril de pétrole produit n'aura aucun effet si on multiplie la production de barils par quatre, fait-elle valoir. Les émissions augmenteront, ajoute-t-elle, jusqu'à des niveaux inacceptables.

Les écologistes soulignent que l'environnement n'a que faire de « l'intensité des émissions ». Ce qui compte, c'est la quantité totale de polluants qui se retrouvent dans l'atmosphère, disent-ils.

Ottawa a indiqué, mardi, qu'il déposera dans quelques jours une loi sur la qualité de l'air afin de s'attaquer au smog et aux changements climatiques.

300 entreprises responsables de plus du tiers des émissions

Baril de pétrole

Par ailleurs, une analyse de deux importants groupes écologistes démontre qu'à elles seules, les 300 entreprises les plus polluantes du Canada émettent plus de gaz à effet de serre en une année que l'ensemble des autos, camions, trains et avions qui sillonnent le pays.

Ensemble, ces entreprises étaient responsables en 2004 de plus du tiers de toutes les émissions au pays, soit 37 %, selon l'organisme Défense environnementale et l'Association canadienne du droit de l'environnement.

Huit compagnies spécialisées dans le charbon et deux dans les sables bitumineux figurent dans le top 10 des pollueurs. C'est ce qui explique que l'Alberta est responsable à elle seule de près de 40 % des émissions au pays et l'Ontario, de 27 %. Le Québec arrive troisième avec 8 % des émissions, en raison notamment de la présence sur son territoire d'alumineries et de raffineries.

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