La vraie course à la direction du parti libéral du Canada commence. Au départ, les libéraux cherchaient un chef qui, dans le meilleur scénario, empêcherait les conservateurs de Stephen Harper de former un gouvernement majoritaire. Le scénario a changé. Les libéraux croient maintenant en leurs chances de gagner la prochaine élection. Avec le bon chef...
Daniel Lessard
Le Parti libéral est le parti du pouvoir. Pour plusieurs libéraux, gouverner est un droit inné. À partir de maintenant, disent les stratèges du parti, l'idéologie des candidats passera au second rang.
Tant mieux si Stéphane Dion est le champion de l'environnement, tant mieux si Bob Rae est le plus expérimenté, tant pis si tous les libéraux ne sont pas d'accord avec Michael Ignatieff, qui appuie la guerre en Irak et veut reconnaître le Québec comme une nation.
Ce sont des questions intéressantes qui vont alimenter le débat, mais, en bout de piste, les libéraux vont choisir celui qui a la meilleure chance de leur faire gagner la prochaine élection. Qui va leur donner le POUVOIR. Opportuniste? Certes. Les libéraux sont les premiers à le reconnaître.
Et le même opportunisme animera les candidats d'ici le 2 décembre. Les mêmes stratèges vous diront que les alliances entre candidats seront davantage faites en fonction d'un poste de ministre dans l'éventuel cabinet du gagnant que d'une quelconque affinité au chapitre des idées. D'où l'importance d'être patient, de se laisser courtiser et d'éviter les coups de tête.
Les calculs sont très importants. Chez les conservateurs, Michael Wilson ne serait jamais devenu ministre des Finances s'il ne s'était pas rallié à Brian Mulroney après le premier tour, en 1984. Mauvais perdant, Pierre Paradis a été évincé du cabinet de Jean Charest. Les exemples sont nombreux. Les huit candidats libéraux n'ont pas investi autant d'énergie et d'argent pour se retrouver députés d'arrière-banc.
Il reste donc deux mois pour forger des alliances, pour tenter de deviner les différents scénarios au-delà du premier tour. Et pour les Michael Ignatieff, Bob Rae et Stéphane Dion, deux mois pour montrer qu'ils sont capables de redonner le pouvoir aux libéraux.