La lutte se fera à quatre

Micheal Ignatief, Bob Rae, Stéphane Dion, Gerard Kennedy

La bataille pour la direction du Parti libéral du Canada (PLC) va se faire entre quatre candidats. Michael Ignatieff est en tête, à l'issue de la fin de semaine d'élection des délégués, en vue du congrès du 2 décembre à Montréal.

Michael Ignatieff récolte près du tiers des délégués libéraux devant Bob Rae, Stéphane Dion et Gerard Kennedy.

Après le dépouillement des votes dans 409 des 469 assemblées de membres du PLC, il obtient environ 30 % des délégués qui vont élire le nouveau chef. Mais il devra s'opposer à Bob Rae, qui a 20 % des délégués, à Gerard Kennedy et à Stéphane Dion, qui suivent tout juste derrière avec près de 17 % chacun.

Aucun des quatre autres candidats (Ken Dryden, Joe Volpe, Scott Brison, Martha Hall Findlay) n'a obtenu plus de 5 % d'appuis. Mais aucun n'a pour l'instant l'intention de se retirer de la course. Déjà, les candidats envisagent un deuxième et même un troisième tour.

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Michael Ignatieff Michael Ignatieff

De son côté, Michael Ignatieff sort de ce week-end avec deux as importants dans son jeu. Le député d'Etobicoke-Lakeshore détient en effet une forte avance tant au Québec qu'en Ontario, deux provinces clés en vue de la prochaine campagne électorale.

En fait, M. Ignatieff a reçu des appuis significatifs un peu partout au pays. « Je sens que je suis extraordinairement bien placé. Je pense que j'ai mérité la confiance [des militants], mais il reste encore deux mois de campagne. Je ne prends absolument rien pour acquis », a-t-il déclaré, dimanche.

Au Québec, M. Ignatieff récolte quelque 37 % d'appuis, devant Stéphane Dion, qui est tout juste sous la barre des 30 %. Bob Rae est bon troisième, tandis que Gerard Kennedy est presque inexistant. Ce dernier souffre peut-être de sa faible maîtrise de la langue française.

Bob Rae Bob Rae

En Ontario, M. Kennedy occupe toutefois une surprenante deuxième place derrière M. Ignatieff. Bob Rae est encore troisième, devant M. Dion. Dans le cas de M. Rae, ses années à la tête d'un gouvernement néo-démocrate en Ontario, de 1990 à 1995, en pleine récession, semblent avoir laissé une marque négative indélébile dans la tête des électeurs.

« Ce que cela prouve, c'est que M. Ignatieff peut gagner le Québec, et que M. Rae ne peut pas gagner l'Ontario. Les militants devront en tirer leurs conclusions », a analysé le député Pablo Rodriguez, président de la campagne de M. Ignatieff au Québec.

« Six candidats proviennent de l'Ontario, de sorte que c'est une province très concurrentielle », lui a répondu l'ancien député Jacques Saada, président de la campagne québécoise de Bob Rae.

M. Rae est toutefois en tête des appuis des délégués en Colombie-Britannique, au Manitoba, à Terre-Neuve et à l'Île-du-Prince-Édouard. Pour sa part, Gerard Kennedy mène en Alberta.

Plus de 1000 délégués sans affiliation

Près de 3 % des 4300 délégués élus n'ont pas d'affiliation, de sorte qu'ils pourront voter pour le candidat de leur choix au premier tour. Il y a aussi 1000 délégués ex officio - députés, sénateurs, anciens candidats du PLC, présidents d'association et dirigeants du parti - qui n'ont pas besoin d'être élus et qui ont une liberté de vote.

D'ailleurs, les espoirs de M. Ignatieff au Québec sont renforcés par l'appui qu'il obtient de la moitié des 200 délégués ex officio de la province.

Près de 200 000 membres du Parti libéral ont participé aux assemblées d'élections de délégués.