Harper plaide la cause afghane

Stephen Harper   © AFP/Don Emmert

Stephen Harper se dit troublé par l'absence de volonté commune au sein des membres de l'Organisation des Nations unies (ONU) pour mener avec succès la mission en Afghanistan.

Le premier ministre canadien appelle la communauté internationale à se ressaisir afin de faire de la mission en Afghanistan un succès.

Dans son discours à l'Assemblée générale, le premier ministre a rappelé que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait lui-même souligné au lendemain des attentats du 11 septembre que le terrorisme allait à l'encontre de toutes les valeurs propres à l'ONU. Or, il avait été rapidement établi que l'Afghanistan d'alors, sous le joug taliban, en constituait un foyer.

Stephen Harper a en outre rappelé à l'Assemblée générale qu'avec ses 20 000 soldats de 37 pays sur place, dont 2500 Canadiens, il s'agit de la plus importante opération de paix avalisée par le Conseil de sécurité de l'ONU à avoir lieu dans le monde.

Le premier ministre a réitéré l'engagement du Canada à promouvoir les valeurs onusiennes, dans la mesure de ses moyens. À ce chapitre, il a indiqué que la mission afghane accaparait la majeure partie des ressources dont dispose le pays pour agir à l'échelle internationale. Il a reconnu qu'elle s'était révélée parsemée d'embûches, et que la reconstruction devait y prendre une place plus considérable.

Stephen Harper a vanté le travail de reconstruction canadien sur le terrain, notamment la construction d'écoles pour jeunes filles, détruites sous les talibans. Il s'est félicité aussi du fait qu'un quart des sièges à l'Assemblée législative afghane soit occupé par des femmes. Le premier ministre canadien estime que l'avenir de l'ONU est lié au succès de la mission.

Stephen Harper s'est aussi étendu sur l'importance de mener à terme la mission de sécurisation et de démocratisation de l'ONU en Haïti, à laquelle participe le Canada.

Par ailleurs, il a enjoint à l'ONU de faire respecter la résolution adoptée le 31 août dernier par le Conseil de sécurité pour le déploiement d'un contingent de 17 000 Casques bleus dans la province soudanaise du Darfour. Le premier ministre déplore que l'ONU permette au gouvernement de Khartoum de la défier aussi impunément.

L'Opposition dénonce une discours trop « militariste »

125 soldats de la base de Valcartier partiront cette semaine pour l'Afghanistan.

Libéraux, bloquistes et néo-démocrates n'ont pas été convaincus par le discours du premier ministre Harper à l'ONU parce qu'il a trop mis l'accent sur l'aspect militaire de la mission canadienne en Afghanistan.

Les libéraux déplorent le manque de vision du premier ministre en ce qui a trait à la situation en Afghanistan. Selon leur critique officiel aux Affaires internationales, Keith Martin, il serait plus avisé d'ouvrir un dialogue avec les pays limitrophes comme le Pakistan afin de trouver une solution politique au conflit. Le député Martin estime qu'il s'agit de la seule façon par laquelle il est possible d'empêcher une augmentation du pouvoir taliban dans le sud du pays.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a lui aussi affirmé que la lutte contre le terrorisme ne doit pas être axée seulement sur l'aspect militaire, comme le fait le gouvernement Bush. « Il aurait dû lier les questions de sécurité qu'il a abordées [...] à des politiques en aide internationale et en développement de la démocratie à travers le monde », a-t-il fait valoir.

Même son de cloche au Nouveau Parti démocratique (NPD), qui réclame le retrait des troupes canadiennes en Afghanistan. « Où se trouvent les préoccupations des Canadiens pour combattre la pauvreté, les changements climatiques et les crises associées à l'environnement, pour aider le monde avec la crise du sida? » a demandé le chef néo-démocrate Jack Layton à la sortie de la Chambre des communes.