Nouvel épisode dans les relations déjà difficiles entre le gouvernement Harper et les journalistes: le mois dernier, le gouvernement a remis une carte plastifiée à tous les députés et sénateurs conservateurs pour guider leurs relations avec les médias, rapporte le quotidien Le Devoir.
Le gouvernement Harper remet une carte plastifiée à tous les députés et sénateurs conservateurs pour guider leurs relations avec les médias.
L'initiative provient de la directrice des communications du premier ministre Stephen Harper. Le petit aide-mémoire, imprimé dans les deux langues, donne neuf directives pour guider une conversation avec un journaliste.
Ainsi, outre le fait d'exiger que le journaliste s'identifie, les députés et sénateurs doivent notamment tenter de trouver à qui d'autre il s'adressera. Il devront aussi tenter de prévoir les questions du journaliste et de négocier un certain temps pour se préparer.
Selon Le Devoir, au moins un parlementaire conservateur n'a pas apprécié l'initiative, percevant une « tentative d'infantilisation des députés ».
Accumulation des griefs
Ce nouvel épisode s'ajoute à plusieurs cas apparents de contrôle des médias depuis l'arrivée du gouvernement Harper. D'abord, Ottawa a instauré une nouvelle politique restreignant l'accès des médias à son cabinet à l'issue des réunions hebdomadaires du Conseil des ministres.
De plus, plusieurs ministres et députés sont tenus loin des médias, le gouvernement préférant laisser le premier ministre passer seul son message. Les journalistes se plaignent d'ailleurs de l'accès trop limité aux élus. Ottawa a aussi tenu des Conseils des ministres en catimini, sans prévenir la tribune parlementaire.
En outre, les journalistes doivent désormais s'inscrire d'avance sur une liste pour poser une question au premier ministre lors d'un point de presse. Le boycottage de cette liste a été interrompu pour 30 jours par les journalistes afin de trouver un terrain d'entente.
Enfin, mercredi, CanWest révélait que des fonctionnaires avaient dévoilé à du personnel politique le nom d'un journaliste qui a présenté des demandes d'accès à l'information, violant ainsi la Loi sur la protection des renseignements personnels. La commissaire à la protection de la vie privée, Jennifer Stoddard, a été saisie de l'affaire.