
Santé
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Le bras de fer entre le gouvernement Charest et les médecins spécialistes du Québec semble loin d'être terminé. La Fédération des médecins spécialistes a en effet déposé deux recours contre le gouvernement Charest dans le différend salarial qui les oppose.
D'abord, la Fédération demande à la Cour supérieure de déclarer inconstitutionnelle la loi spéciale imposée par le gouvernement pour déterminer les conditions de travail des médecins spécialistes.
Adoptée en juin dernier, la loi spéciale accorde aux médecins spécialistes des augmentations de salaire de 2 % par année pendant quatre ans, ce qui est inférieur à leurs demandes.
En point de presse mardi, le président de la Fédération, Yves Dugré, a affirmé que le gouvernement Charest n'avait aucun motif raisonnable pour recourir à une telle loi. Selon lui, cette loi a été imposée par de faux prétextes d'urgence alors que les médecins spécialistes n'exerçaient aucun moyen de pression.
![]() Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Yves Dugré |
Selon M. Dugré, les médecins spécialistes sont convaincus que la loi spéciale va à l'encontre des chartes des droits et libertés. Il soutient que les médecins ont été « victimes d'un abus de pouvoir du gouvernement » après que celui-ci eût mené de « pseudonégociations » avec eux.
Deuxièmement, les médecins spécialistes ont déposé un recours devant le Conseil d'arbitrage pour obliger le gouvernement à respecter une lettre d'entente obtenue de l'ancien gouvernement péquiste. Cette entente accordait aux médecins spécialistes un rattrapage salarial avec leurs collègues des autres provinces.
Si le gouvernement ne veut pas respecter cette entente, le recours demande de le condamner à payer des dommages et intérêts. « C'est à se demander si une signature du gouvernement a une valeur », a déploré M. Dugré.
Le gouvernement actuel soutient que les médecins spécialistes exigent une augmentation de 44 %, alors que son offre est de 12,6 %, la même que celle consentie aux employés de l'État.
Mardi, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a affirmé vouloir attendre l'avis des avocats du gouvernement avant de faire des commentaires. Il a toutefois indiqué que le gouvernement pourrait se retrouver dans « une situation malheureuse où il sera difficile d'avoir des discussions sur des sujets qui sont pendants devant les tribunaux. » Il a d'ailleurs invité les médecins à reprendre les négociations avec le gouvernement.
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