Deux des favoris dans la course à la direction du Parti libéral du Canada ont beaucoup parlé du Québec, lors d'un passage à Montréal, vendredi.
De passage à l'Université de Montréal, deux des favoris de la course réaffirment leur foi envers le modèle fédéral et tendent la main aux Québécois.
Bob Rae et Michael Ignatieff ont abordé la question des relations fédérales-provinciales et de leur vision de la fédération devant deux groupes d'étudiants de l'Université de Montréal.
Attention aux réformes constitutionnelles
Bob Rae (archives)
En évoquant les échecs passés de Meech et de Charlottetown, Bob Rae a écarté l'idée d'une réforme constitutionnelle à court terme. Il a d'ailleurs affirmé que le premier ministre Stephen Harper empruntait une avenue dangereuse avec son projet de réforme du Sénat.
« Lorsqu'on ouvre la porte constitutionnelle, il y a beaucoup de squelettes là-dedans », a-t-il dit. M. Rae s'est présenté comme un ami du Québec et a rappelé ses collaborations passées avec les premiers ministres québécois Robert Bourassa et Daniel Johnson.
M. Rae a aussi critiqué la politique étrangère actuelle de Stephen Harper et sa parenté avec celle du président américain George W. Bush. « Je vois dans le monde un Canada qui est en train de perdre sa place et de perdre sa vocation comme conciliateur », a-t-il commenté.
Un gouvernement fédéral fort
Michael Ignatieff
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Luc Lavigne
De son côté, Michael Ignatieff a soutenu que la majorité des Québécois voyaient le Québec comme leur nation et le Canada comme leur pays. Il a affirmé que le modèle fédéral avait servi le Québec jusqu'à présent. « Le génie de notre fédération, c'est que les Québécois ont deux gouvernements qui veillent à la sauvegarde de leur langue, de leur culture et de leur civilisation », a-t-il dit.
M. Ignatieff a jugé qu'il existait déjà un bon équilibre au Canada entre l'autonomie des provinces et l'autorité fédérale. Il a plaidé en faveur d'un gouvernement central fort et riche.
M. Ignatieff s'est inquiété du fait que la capacité fiscale du fédéral soit passée de 75 % des revenus de tous les ordres de gouvernement, dans les années 50, à moins de 50 % aujourd'hui. « Si le gouvernement fédéral continue de transférer des pouvoirs fiscaux aux provinces, la capacité du gouvernement national de maintenir l'égalité de la citoyenneté serait compromise », a-t-il dit.
Les 10 candidats à la direction du PLC se retrouveront dimanche à Québec pour le troisième débat officiel de la course.