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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Politique

Mise à jour le mardi 22 août 2006 à 11 h 08
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Mission canadienne au Liban

Les chefs contredisent leurs députés

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Borys Wrzesnewskyj

Les ruines du Liban ont ému les trois députés des trois partis d'opposition du Canada. Ils ont demandé, lundi, au gouvernement Harper d'ouvrir le dialogue avec le Hezbollah, « un des joueurs de ce conflit », selon Maria Mourani, du Bloc québécois.

Des propos controversés qui ont fait réagir leurs chefs. Les trois hommes ont dit qu'il n'était pas question de réviser la position canadienne. Rappelons que le pays a placé en 2002 le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes, un statut qui lui enlève toute légitimité politique.

Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a été catégorique. « Le Hezbollah privilégie le terrorisme et ne reconnaît pas Israël. On ne modifie pas notre position », a-t-il répondu.

Le chef du NPD, Jack Layton, a d'abord vilipendé le premier ministre Stephen Harper pour ses positions trop pro-israéliennes. Mais, du même souffle, il a rappelé toute l'histoire derrière l'organisation libanaise. Financée par l'Iran, elle a commis « des attaques pendant des années ».

Dimanche, certains médias avaient révélé que le député libéral au Liban, Borys Wrzesnewskyj, voulait retirer le Hezbollah de la liste des organisations terroristes. Ce qu'il a démenti. Il tient cependant à ce que le Canada ouvre le dialogue, et qu'il modifie le Code criminel en ce sens.

La réponse de Bill Graham n'a laissé aucun doute. « Ce n'est pas la position du Parti libéral ». C'est, a-t-il rappelé, sous Jean Chrétien que l'organisation chiite s'est retrouvée sur la liste noire.

Plus tôt dans la journée de lundi, le premier ministre du Liban, Fouad Siniora, avait critiqué les propos de Stephen Harper, qui avait qualifié de « mesurée » la réponse israélienne à l'enlèvement de deux de ses soldats le 12 juillet. Il a dit espérer que Stephen Harper prenne conscience de l'ampleur des dégâts causés par l'armée israélienne.

Maintien de la position conservatrice

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Stockwell Day

Deux conditions font en sorte que le Canada ne peut reconnaître le Hezbollah comme un partenaire de discussion valable, a rappelé le ministre de la Défense, Stockwell Day. « Le Hezbollah veut l'annulation de l'État d'Israël et la disparition du peuple juif ».

La semaine dernière, le gouvernement Harper avait décidé de ne pas envoyer au Liban son député, Dean del Mastro, prétextant des raisons de sécurité.

La déclaration la plus surprenante de lundi est toutefois venue de la bouche du ministre des Travaux publics, Michael Fortier. Selon lui, Hezbollah et motards criminalisés appartiennent à la même bande. Seuls la loi et l'ordre ont eu raison des motards. « Ce n'est pas en ouvrant des discussions avec eux qu'on a réglé le problème ».

Un vice-président de B'nai Brith Canada, Frank Dimant, s'est scandalisé de la position des députés au Liban. Qu'ils veuillent discuter avec un groupe armé est inadmissible, a-t-il estimé, alors que le pays lutte contre les talibans en Afghanistan.


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