Jean-Pierre Charbonneau fait ses adieux

M. Charbonneau M. Charbonneau

Le député de la circonscription de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, ne sera pas candidat aux prochaines élections générales.

Après 25 ans de vie politique, le député de la circonscription de Borduas quittera son poste le 15 novembre, date anniversaire de sa première élection à l'Assemblée nationale.

En conférence de presse, vendredi, le député péquiste a annoncé qu'il quittera ses fonctions le 15 novembre prochain, jour anniversaire de sa première élection en 1976.

Tout en réitérant sa foi indépendantiste, Jean-Pierre Charbonneau a confié n'avoir plus l'énergie pour continuer à remplir ses obligations politiques telles qu'il les conçoit.

Le député de Borduas a précisé que l'arrivée récente d'André Boisclair à la tête du PQ n'a pas joué dans sa décision de quitter la vie politique. S'il convient avoir eu des divergences de vues avec ce dernier à certaines occasions, il précise que ce fut le cas à plusieurs reprises par le passé tant avec ses collègues du caucus qu'avec les chefs qui ont précédé M. Boisclair à la barre du parti.

Jean-Pierre Charbonneau s'est porté à la défense du jeune leader péquiste dont il estime qu'il n'a pas encore donné sa pleine mesure. Selon le député sortant, ce serait une erreur de porter un jugement hâtif sur André Boisclair qui, rappelle-t-il, n'aura pas été le seul leader politique à avoir eu des débuts difficiles dans l'histoire du Québec.

Le député péquiste s'est dit particulièrement fier d'avoir réussi à plusieurs reprises, à titre de député, à rallier derrière lui ses adversaires afin de travailler à différents projets pour le bien de sa circonscription, dont le retour du train de banlieue à Saint-Hilaire.

Il se dit aussi heureux d'avoir pu participer à la revalorisation du rôle de député ainsi qu'à la fonction de président de l'Assemblée nationale, sans compter sa participation à la création de la Conférence parlementaire des Amériques (COPA).

Jean-Pierre Charbonneau ne croit pas que son départ fera la différence quant au succès éventuel du mouvement souverainiste, mais promet par ailleurs de revenir au devant de la scène si jamais un nouveau référendum se dessine à l'horizon.

Il dit toujours croire que les Québécois ont tout ce qu'il faut pour faire l'indépendance et les appelle à accepter ce changement qui, selon lui, ne peut que les faire grandir.

Un homme de convictions

Jean-Pierre Charbonneau a été journaliste entre 1968 et 1976, période durant laquelle il s'est fait connaître pour ses reportages sur le crime organisé au Québec. Il a fait son entrée à l'Assemblée nationale en 1976, sous la bannière péquiste, comme député de la circonscription de Verchères. Il est réélu dans Verchères en 1981 et 1985, avant de démissionner en juin 1989.

M. Charbonneau est revenu par la suite comme député de la circonscription de Borduas au sein de l'équipe de Jacques Parizeau, en 1994, puis a été réélu en 1998. Durant cette période, il sera président de l'Assemblée nationale, de mars 1996 à janvier 2002, avant d'être tour à tour ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et ministre responsable de la Réforme électorale, jusqu'à la chute du gouvernement de Bernard Landry.

Réélu en 2003, il occupera successivement les fonctions de porte-parole de l'opposition en matière de sécurité publique, puis en matière de santé.

M. Charbonneau a, entre autres réalisations, été président fondateur de la Conférence parlementaire des Amériques (COPA), devenue la Confédération des parlementaires des Amériques, de 1997 à 1999.