Chirac critique Ottawa

Jacques Chirac Jacques Chirac (archives)

Après les groupes écologistes, c'est maintenant au tour des politiciens étrangers de dénoncer la position du gouvernement Harper relativement au protocole de Kyoto.

Le président français déplore le peu d'empressement du gouvernement Harper à respecter ses engagements en matière de lutte contre les gaz à effet de serre.

Dans une lettre transmise à plusieurs journaux, dont La Presse, le président français Jacques Chirac critique sévèrement l'attitude d'Ottawa. M. Chirac dit constater qu'il y a un affaiblissement dans la lutte contre les changements climatiques.

Sans nommer explicitement le Canada, il affirme dans sa missive que les États qui sont membres du G8 et qui ont signé le protocole doivent « donner l'exemple dans le respect de leurs engagements, comme le font l'Europe et la France. » Or, outre l'Europe, il n'y a que deux pays qui sont membres du G8 et qui ont adhéré au protocole, soit le Canada et le Japon. « À eux de montrer la voie pour l'après 2012 », soutient-il. Les États-Unis ne l'ont pas ratifié et la Russie n'a pas à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le président français précise qu'on ne réglera pas le problème des changements climatiques par des gestes isolés, par des initiatives unilatérales. Selon lui, il faut agir de façon concertée. « À menace globale, réponse mondiale », dit-il.

Après le Canada, l'ONU

Le président français s'en est également pris à l'Organisation des Nations unies, qui selon lui, n'est pas en mesure de lutter efficacement contre les changements climatiques. Il proposera donc lors du sommet du G8 qui commence en fin de semaine à Saint-Pétersbourg, en Russie, la création d'une superstructure capable de mobiliser la communauté internationale. Cette superstructure serait l'équivalent d'une ONU pour l'environnement. Elle serait responsable des quelque 600 conventions internationales sur l'environnement, dont le protocole de Kyoto.

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, qui est en déplacement vers l'Europe n'a pas réagi à cette déclaration. Il doit s'arrêter à Londres, au Royaume-Uni, pour y rencontrer le premier ministre Tony Blair avant de se rendre au G8.