
Nation québécoise
En cette journée de la Saint-Jean-Baptiste, plusieurs chefs politiques sont revenus sur les déclarations du premier ministre fédéral Stephen Harper qui, la veille, a refusé de reconnaître la nation québécoise.
De passage à Québec pour une réunion de son cabinet, vendredi, M. Harper a reconnu que l'Assemblée nationale avait adopté une déclaration sur l'existence de la nation québécoise, mais a ajouté qu'il n'en connaissait pas les conséquences sur le plan juridique.
![]() Maxime Bernier |
En entrevue au RDI, le ministre fédéral de l'Industrie et député de Beauce, Maxime Bernier, a défendu les propos de son chef. Le ministre a laissé entendre que les Québécois ne voulaient plus entendre parler de souveraineté.
« Les Québécois savent bien qui ils sont, a soutenu M. Bernier. Ce n'est pas à nous de leur dire qui ils sont. Les Québécois, ce qu'ils veulent, c'est le respect de la Constitution canadienne et c'est ce que nous faisons. [...] Ce n'est pas à nous de faire le jeu de nos opposants politiques et de faire un débat stérile là-dessus. Nous avons pris des promesses envers les Québécois et nous les respectons. C'est ce que les Québécois veulent, un gouvernement qui tient ses promesses. »
Ses collègues du Québec refusent eux aussi de reconnaître le Québec comme une nation.
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Le premier ministre québécois, Jean Charest, qui est à Montréal pour la Saint-Jean, ne voit pas les choses de la même manière. Il ne s'est toutefois pas montré trop critique à l'endroit de son homologue fédéral.
« Le Québec n'a pas de permission à demander pour être une nation », a-t-il dit. Comme premier ministre du Québec, je peux vous confirmer que c'est la fête de la nation, du peuple québécois. Et, dans cette identité qui est la nôtre, aussi, il y a le fait d'être canadien: ça fait partie de l'identité québécoise. C'est une identité qui nous appartient à nous, ce n'est pas une identité qui requiert une permission non plus ».
Le chef du NPD, Jack Layton, a lu aussi contredit Stephen Harper.
Les souverainistes sont critiques
Le ton était évidemment plus critique chez les leaders souveranistes.
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« Quand je vois ces députés et ministres conservateurs qui s'abaissent jusqu'à ne pas reconnaître qui ils sont, et qui dans une semaine vont aller reconnaître la nation canadienne, bien, ce sont des as de la courbette », a critiqué le chef bloquiste, Gilles Duceppe.
De son côté, le leader du Parti québécois, André Boisclair, a parlé d'une « grave erreur ». C'est comme « si, par exemple, je me rendais avec Gilles Duceppe à Ottawa célébrer le 1er juillet et qu'on refusait de reconnaître l'existence de la nation canadienne », a-t-il dit.
Les chefs souverainistes ont par ailleurs critiqué que M. Harper réunisse son cabinet à Québec la veille de la fête nationale.