Stephen Harper
Profitant de la fin de semaine de la Saint-Jean-Baptiste, le premier ministre conservateur Stephen Harper a réuni son Cabinet dans la Citadelle de Québec, vendredi. C'est la première fois depuis les années 50 qu'un Cabinet fédéral se réunit dans la capitale québécoise.
Le premier ministre Stephen Harper profite de la fin de semaine de la fête nationale des Québécois pour réunir son Cabinet dans la Vieille Capitale. Il refuse cependant de reconnaître formellement l'existence d'une nation québécoise.
Lors d'un point de presse, qui s'est tenu presque exclusivement en anglais, M. Harper a tenu d'emblée à souhaiter une bonne fête nationale aux Québécois.
Appelé à se prononcer sur la reconnaissance de la nation québécoise, il a admis que l'Assemblée nationale avait adopté une telle déclaration, en ajoutant qu'il ne connaissait pas l'implication que cela pouvait avoir sur le plan juridique.
M. Harper a plutôt préféré retourner la question pour écorcher au passage le Parti québécois et son chef André Boisclair. « L'objectif du Parti québécois n'est pas de déclarer le Québec une nation, c'est de créer un pays indépendant. Est-ce que M. Boisclair va tenir un référendum sur la souveraineté du Québec, oui ou non? Ça c'est la vraie question. »
Le premier ministre a dénoncé « l'obsession du Parti québécois pour un nouveau référendum, un référendum que la population ne veut pas. »
M. Harper a également reproché à M. Boisclair de vouloir éviter les questions concernant le rapport Moisan et les contributions de 96 000 $ versées illégalement au Parti québécois par Groupaction.
Josée Verner
La ministre de la Francophonie et députée de Louis-Saint-Laurent, Josée Verner, a estimé pour sa part que le dossier de l'identité nationale québécoise n'intéressait pas vraiment les citoyens de sa circonscription. Le Québec a une personnalité unique et distincte, et est content de faire partie du nouveau gouvernement du Canada, a-t-elle résumé.
Le ministre de l'Industrie et député de Beauce, Maxime Bernier, a jugé pour sa part que les Québécois étaient d'ardents fédéralistes et de valeureux Canadiens. « Les Québécois sont heureux et contents de faire partie du Canada », a soutenu M. Bernier.
Le temps d'un bilan
Le premier ministre a aussi défendu le bilan de son gouvernement au terme de sa première session parlementaire à Ottawa. Selon lui, son gouvernement a respecté ses promesses. Il a notamment rappelé qu'il s'est attaqué à la corruption des partis politiques avec la loi sur l'imputabilité. Il a aussi mentionné les réductions d'impôts, la baisse de la TPS, ainsi que plusieurs mesures pour aider l'environnement, dont un investissement majeur dans le transport en commun.
Toujours en environnement, M. Harper a défendu encore une fois l'intention de son gouvernement de déroger au protocole de Kyoto. Au groupe de manifestants devant la Citadelle qui demandaient le respect de Kyoto, le premier ministre Harper a répété que selon lui, l'accord n'était pas efficace.
M. Harper a aussi laissé entendre que le gouvernement Charest n'obtiendrait pas les 328 millions de dollars qu'il réclame pour atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Le premier ministre du Canada a affirmé que le Québec avait obtenu autant que l'Ontario au moyen des transferts fédéraux pour le transport en commun, notamment.
« Nous pouvons continuer à faire un grand show sur Kyoto ou encore décider d'entreprendre de vraies actions pour obtenir des résultats, a lancé Stephen Harper. Nous n'avons pas l'intention de prendre l'argent des contribuables seulement pour faire un show. »
Lors des dernières élections fédérales, les conservateurs ont fait élire 7 de leurs 10 députés québécois dans la grande région de Québec. Le premier ministre s'est présenté régulièrement dans la Vieille Capitale depuis ce temps, et a eu quelques rencontres avec le premier ministre Jean Charest.