
Cours d'histoire
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Le ministère de l'Éducation a présenté, jeudi, une nouvelle version du programme d'enseignement de l'histoire destiné aux élèves des quatrième et cinquième secondaires.
« C'est une version plus détaillée que celle qui a circulé au début du mois de mai. Davantage de précisions y ont été apportées », a déclaré le sous-ministre adjoint, Pierre Bergevin.
Préconisant une vision moins conflictuelle et moins politique de l'histoire du Québec et du Canada, la première mouture du programme esquivait les différends entre francophones et anglophones pour mettre l'accent sur un enseignement davantage « pluriel ».
Cette version, dont s'était aussitôt dissocié le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, mettait de côté des événements comme la rébellion des Patriotes de 1837-1838, l'acte d'Union de 1840, la crise de la conscription de 1917 et le rapatriement unilatéral de la Constitution de 1982.
Le programme remanié fait part de ces événements, tout comme de la Conquête britannique, mais cette dernière est présentée non pas comme une invasion militaire, mais plutôt comme un « changement d'empire ».
Ce n'est pas encore la satisfaction
Le programme d'histoire continue de soulever la critique auprès des historiens, malgré les précisions apportées par le ministère de l'Éducation du Québec.
L'historien Jacques Lacoursière salue les efforts qui ont été faits pour mieux expliquer des événements comme la Conquête, l'Acte de Québec et le rapatriement unilatéral de la Constitution, mais il déplore le silence sur la nation québécoise ou canadienne-française.
Éric Bédard, un historien engagé dans le Collectif pour une éducation de qualité, estime que les changements ne sont que superficiels. Il affirme que de grands pans de l'histoire du 19e et du 20e siècle, comme la Rébellion de 1837, ont été gommés.
De son côté, la Centrale des syndicats du Québec, qui regroupe des milliers d'enseignants, attend de voir le manuel scolaire qui découlera du programme avant de porter un jugement définitif.
Le programme remanié, qui doit remplacer celui en vigueur depuis 1982, fera l'objet de nouvelles consultations au cours de l'été, avant d'être approuvé par le ministre Fournier. Son entrée en vigueur est prévue pour septembre 2007.
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