De vieux démons refont surface

Sylvain Simard Sylvain Simard

Les délégués du Parti québécois, réunis en conseil national à Saint-Hyacinthe, ont réitéré samedi leur appui au gel des droits de scolarité. Mais cette question a créé du remous au sein des troupes péquistes.

La question des droits de scolarité éclipse la querelle anticipée sur les subventions aux écoles privées, et provoque une sortie en règle des jeunes péquistes contre le député Sylvain Simard.

Au cours d'un atelier sur l'éducation, l'ancien ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, a déclaré que le gel des droits de scolarité était une mesure « populaire mais dangereuse ». Il a soutenu que le maintien du gel de ces droits condamnait les établissements d'enseignement supérieur au sous-financement chronique.

Mathieu Jeannot Mathieu Jeannot

Ces déclarations lui ont valu les foudres des jeunes péquistes, qui l'ont accusé de « nuire à la cohérence du parti » à la veille des élections. « M. Simard se trompe en matière d'accès à l'éducation, en matière de financement de l'éducation. Sur tous les aspects qui peuvent favoriser le développement du Québec, il fait fausse route », a affirmé Pier-André Bouchard Saint-Amant.

Le président des jeunes péquistes, Mathieu Jeannot, a affirmé que le chef péquiste, André Boisclair, l'avait assuré qu'il n'était pas question d'envisager un dégel des droits de scolarité.

Subventions aux écoles privées

Camil Bouchard Camil Bouchard

Par ailleurs, le PQ renonce à réduire les subventions aux écoles privées, une mesure qui figure à son programme depuis 1970. Les délégués péquistes n'ont pas retenu la proposition émise en ce sens par le député Camille Bouchard.

Le critique péquiste en matière d'éducation proposait de réduire le financement des écoles privées si elles n'acceptaient pas d'intégrer davantage d'élèves en difficulté.

Les membres du PQ se sont plutôt prononcés en faveur d'un financement accru des écoles dites « inclusives », qu'elles soient publiques ou privées. Les écoles inclusives n'imposent pas des critères d'admission basés sur les notes ou la religion.

En outre, le vice-président du parti, François Rebello, et le député François Legault ont critiqué la réforme de l'Éducation. C'est M. Legault lui-même qui avait mis place cette réforme, il y a quelques années, alors qu'il était ministre de l'Éducation.

Finalement, le Comité national des jeunes du PQ a proposé une résolution en faveur de l'école de 8 h à 17 h pour tous les élèves du primaire et du secondaire. Cette suggestion vise à contrer le décrochage scolaire, en intéressant davantage les jeunes à l'école grâce à des activités parascolaires et d'aide aux devoirs. Une telle résolution s'inscrit aussi dans le contexte de la conciliation travail-famille.