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![]() Photo: La Presse Canadienne /Adrian Wyld |
Celui que plusieurs comparent à Pierre Elliott Trudeau faisait partie des grands favoris, malgré son inexpérience en politique. De tous les candidats, il était celui dont les prises de position ont le plus soulevé la controverse tout au long de cette course.
Fils d'un immigrant russe issu de l'aristocratie, devenu diplomate, et d'une mère canadienne, il parle anglais, français et russe. Se présentant comme un libéral de longue date, il fait office de bénévole pour Lester B. Pearson lors de l'élection de 1965 et a soutenu Pierre Elliott Trudeau à la convention libérale de 1968.
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Dès que je deviens premier ministre, je veux former un cabinet formé de mes rivaux.
Michael Ignatieff... hors des questions battues: une entrevue à lire ou à écouter — |
En 1997, le magazine Maclean's a inclus cet intellectuel sur sa liste des dix plus grandes célébrités canadiennes. Détenteur d'un doctorat en histoire de Harvard, il a passé trois décennies à l'étranger, notamment en Grande-Bretagne et aux États-Unis, et a enseigné dans plusieurs universités prestigieuses, dont Oxford, Cambridge et Harvard. Il a collaboré régulièrement à des émissions de radio et de télévision de la BBC et a rédigé des articles pour plusieurs publications, essentiellement étrangères.
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Quelques appuis
Les ex-ministres Liza Frulla et Denis Coderre, les sénateurs Roméo Dallaire, Lise Bacon et Francis Fox. |
Auteur prolifique et reconnu
Il a écrit une douzaine d'ouvrages, notamment sur les conflits ethniques, les droits de la personne et la guerre antiterroriste, ainsi que trois romans. Ses oeuvres lui ont valu plusieurs distinctions, dont le Prix du gouverneur général pour L'album russe (1987), basé sur l'histoire de sa famille. Mais c'est son essai sur les nationalismes, Blood and Belonging: Journeys into the New Nationalism (1993), qui est sans doute son oeuvre la plus connue. Un des chapitres décrivait le nationalisme québécois comme un risque pour la démocratie, une opinion qu'il dit avoir révisée depuis.
Après avoir dirigé le Carr Center for Human Rights Policy, rattaché à la Kennedy School of Government de Harvard, il est revenu au pays en 2005. Lors de l'élection fédérale, sa candidature dans Etobicoke-Lakeshore, dans le sud-ouest de Toronto, s'est faite dans la controverse, plusieurs libéraux ayant estimé qu'il avait été parachuté.
Partisan d'un gouvernement central fort, il se dit toutefois respectueux des juridictions des provinces et exige en retour que celles-ci respectent les compétences fédérales. Dans ses discours, il aime rappeler que ses parents sont inhumés au Québec et martèle qu'il se battra toujours pour que la province reste au sein du Canada. Il reconnaît le déséquilibre fiscal et semble montrer une ouverture envers certaines revendications du Québec. Plusieurs observateurs soulignent toutefois que le ton de ses discours change parfois dans les autres provinces.
Défenseur de positions contestées
Socialement, le candidat se situe au centre-gauche, mais certaines de ses positions, plus à droite, sont contestées. Par exemple, citant l'antiaméricanisme et les positions de son parti sur le système de santé, le déséquilibre fiscal ou encore le protocole de Kyoto, il a déclaré qu'il y avait au sein du PLC des « vaches sacrées » qu'il fallait « tuer ». En 2003, il a soutenu l'invasion américaine en Irak. Il appuie entre autres le bouclier antimissile américain, les interrogatoires coercitifs et la guerre préventive pour prévenir le terrorisme. Il fait partie de la poignée de candidats ayant appuyé la prolongation de la mission canadienne en Afghanistan, en mai 2006.
Cependant, ses propos sur la mort de dizaines de civils à Cana dans un raid israélien ont davantage attiré l'attention. À l'été, il a déclaré que cela « ne l'empêchait pas de dormir ». Interrogé sur cette déclaration lors d'un passage remarqué à l'émission Tout le monde en parle, en octobre, il a admis avoir commis une erreur de jugement, soutenant plutôt que l'attaque israélienne constituait un « crime de guerre ». La coprésidente pour sa campagne dans la région de Toronto, Susan Kadis, de religion juive, a démissionné de son poste en guise de protestation.
Jusqu'à récemment - c'est à dire jusqu'à ce que le premier ministre conservateur Stephen Harper décide de déposer une motion reconnaissant que « les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni », Michael Ignatieff était le seul des huit candidats libéraux à reconnaître la nation québécoise. Il est perçu comme l'initiateur du débat sur la question, qui a mené, en octobre, à une résolution en ce sens lors du conseil général de l'aile québécoise du PLC.
Plusieurs positions défendues dans ses écrits ont en outre soulevé la controverse, notamment certains de ses propos sur les Ukrainiens.
Il recueillait l'appui d'un nombre important de députés, dont Pablo Rodriguez, l'ex-président de l'aile québécoise du parti, et Denis Coderre, coprésident national de sa campagne. L'ex-premier ministre ontarien David Peterson et Marc Lalonde, ancien lieutenant québécois de Pierre Elliott Trudeau, étaient les coprésidents de sa campagne.
En septembre, son organisation a été accusée d'appliquer des méthodes de recrutement douteuses dans quelques dizaines de cas, dont un concernant une personne décédée.
Il est marié et a deux enfants d'une première union.
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En bref
Lire la réponse complète du candidat >> * Chacun des candidats a été contacté par l'entremise de son bureau de campagne afin qu'il détermine les enjeux qu'il compte défendre en priorité au cours de cette course à la direction. Au besoin, les réponses ont été complétées en consultant le site Internet des candidats. L'équipe de M. Ignatieff nous a répondu par écrit. |
Site du Parlement canadien.
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