Mario Dumont veut rouvrir le dossier  constitutionnel

Mario Dumont, en conseil général à Granby Mario Dumont

Le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, estime que la volonté du gouvernement de Stephen Harper de pratiquer un fédéralisme d'ouverture crée une conjoncture favorable pour relancer les négociations constitutionnelles.

Le chef du parti estime que la présence à Ottawa d'un gouvernement sensible aux intérêts du Québec est propice à la relance des négociations constitutionnelles en vue d'acquérir une plus grande autonomie pour la province.

Faisant l'apologie du nouveau programme autonomiste de son parti devant quelque 300 délégués réunis en conseil général à Granby, M. Dumont a souligné que les progrès enregistrés au chapitre du déséquilibre fiscal et de la place du Québec à l'UNESCO devaient être poussés plus en avant, ce qui ne peut se faire que par des modifications à la Constitution.

Mario Dumont estime que le premier ministre Jean Charest nuit aux Québécois en se servant de la bonne volonté d'Ottawa face aux revendications du Québec avec pour seule fin d'assurer le sauvetage de son parti. Le chef de l'ADQ dit s'inspirer de l'approche dite du « beau risque » de René Lévesque, entamée en 1984 lors de la venue au pouvoir à Ottawa de Brian Mulroney et qui s'était conclue par l'échec officiel de l'accord du Lac Meech, le 23 juin 1990. En conséquence, la Constitution, rapatriée unilatéralement en 1982 par Pierre-Elliot Trudeau, n'a toujours pas été signée par le Québec.

Mario Dumont estime que cette avenue correspond davantage aux souhaits des Québécois, soit d'habiter une province disposant de plus d'autonomie dans un Canada décentralisé. Les négociations porteraient sur les six grands champs de réformes identifiés par René Lévesque:

  • le statut du Québec;
  • le processus de modification constitutionnelle;
  • le partage des compétences;
  • l'encadrement du pouvoir fédéral de dépenser;
  • la réforme des institutions;
  • la politique intergouvernementale.
  • Le conseil général de l'ADQ, qui s'est terminé dimanche, a bénéficié d'une grande attention médiatique en raison de la publication d'un sondage dans le quotidien Le Devoir. Ses résultats indiquaient qu'un hypothétique parti avec à sa tête l'ex-premier ministre péquiste Lucien Bouchard et Mario Dumont récolterait 41 % des voix aux urnes, contre 21 % pour le Parti québécois et 18 % pour les libéraux.

    Le conseil général avait été convoqué pour entériner les grandes lignes du nouveau programme du parti en vue des prochaines élections.

    Yvon Picotte attaque André Boisclair

    Yvon Picotte Yvon Picotte

    Par ailleurs, le président de l'ADQ, Yvon Picotte, a eu des propos cinglants à l'endroit du chef du Parti québécois, André Boisclair, faisant même allusion à son homosexualité.

    S'adressant à des délégués, il a accusé le chef péquiste d'avoir manqué de courage en ne se présentant pas à l'élection complémentaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, circonscription située en bonne partie dans le village gai montréalais, et qui irait « comme un gant » à André Boisclair.

    M. Picotte a également fait référence à Lucien Bouchard, signataire du manifeste Pour un Québec lucide. Il a mentionné que l'ex-premier ministre avait « deux jeunes, et qu'il veut un avenir pour sa jeunesse. Boisclair ne peut pas en dire autant. »