Entente historique entre Québec et Ottawa

Stephen Harper et Jean Charest signent l'entente sur l'UNESCO Stephen Harper et Jean Charest

Le premier ministre Stephen Harper et son homologue québécois Jean Charest ont annoncé vendredi au Salon rouge que le Québec aura une présence permanente au sein de la délégation canadienne à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), à Paris.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, annonce que le Québec aura une place permanente au sein de la délégation canadienne à l'UNESCO, à Paris.

L'entente reflète la position élaborée dans un document présenté l'année dernière par la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay.

Ainsi:

  • le Québec devient un membre à part entière de la délégation canadienne à l'UNESCO;
  • le Québec nommera lui-même son représentant, qui aura un statut de diplomate et travaillera au bureau canadien de l'UNESCO à Paris;
  • le Québec aura la possibilité de consulter tous les documents et d'exprimer ses positions aux instances de l'UNESCO. Cela se fera en complémentarité de la position canadienne;
  • le Québec participera à l'élaboration de la position canadienne avant d'amorcer les négociations sur une entente internationale;
  • si le Canada décide de voter sans consensus, il aura l'obligation d'informer le Québec des raisons de son appui à l'entente en question;
  • une entente signée par le Canada sans consensus pourra ne pas être mise en oeuvre au Québec;
  • tout accord négocié et signé, comme le présent accord sur la place du Québec à l'UNESCO, ne pourra être modifié sans l'accord du Québec.
  • Jean Charest, premier ministre du Québec

    En point de presse, Jean Charest a mis l'accent sur l'accès direct qu'a obtenu le Québec à l'UNESCO, au sein de la délégation canadienne, « là où ça se passe ». « C'est la plus belle victoire de l'histoire pour la diplomatie québécoise. C'est le plus bel exemple du fonctionnement du fédéralisme », a-t-il déclaré.

    De son côté, Stephen Harper a souhaité qu'une telle entente permette de tourner la page sur les désaccords constitutionnels passés. « Il faut sortir le Québec du piège de la polarisation », a dit M. Harper.

    En anglais, le premier ministre du Canada a indiqué qu'il n'était pas question de faire du Québec un « chouchou » du gouvernement fédéral. Certains s'interrogent en effet sur les réactions que suscitera cette entente dans le reste du Canada.

    Stephen Harper, premier ministre du Canada

    M. Harper n'a pas voulu faire de commentaire sur d'éventuelles négociations constitutionnelles. Lorsqu'on lui a demandé si la reconnaissance de la spécificité québécoise par cette entente signifiait que le Québec formait une société distincte, le premier ministre a laissé entendre qu'il s'agissait d'une « autre époque » et d'un « autre débat ».

    Il a aussi évité de répondre à la question d'un journaliste qui lui demandait si le Québec forme une nation. « Pour moi, le Québec fait partie du Canada », a-t-il dit.

    Stephen Harper a également dit que d'autres provinces aux intérêts particuliers, comme l'Alberta sur les questions d'énergie, pourraient obtenir des ententes semblables à celle du Québec.