Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Politique

Mise à jour le jeudi 4 mai 2006 à 16 h 14
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Stratégie énergétique du Québec

L'opposition est inquiète, voire déçue

Rita Dionne-Marsolais, porte-parole du PQ en matière d'énergie

Rita Dionne-Marsolais

À Québec, les partis d'opposition n'ont pas semblé partager l'enthousiasme du premier ministre Jean Charest quant à la nouvelle stratégie énergétique 2006-2015 de son gouvernement.

La porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Rita Dionne-Marsolais, a qualifié le document présenté jeudi par M. Charest de « soi-disant stratégie énergétique ». Elle a ajouté que la politique donnait l'apparence d'une grande prospérité énergétique et économique, en parlant d'une « troisième Baie-James ».

Mme Dionne-Marsolais juge que cette stratégie énergétique marque un changement de mandat pour Hydro-Québec, inquiétant selon elle. « Je suis préoccupée par le fait que le premier ministre ait dit qu'Hydro-Québec devenait un exportateur d'énergie. Cela est contraire à sa mission. Les citoyens doivent être consultés », a déclaré la députée de Rosemont.

D'après le document présenté par le premier ministre Charest et le ministre Pierre Corbeil, Hydro-Québec négociera des contrats d'exportation, notamment en Ontario et aux États-Unis, et lancera des projets hydroélectriques après l'obtention de ces contrats.

La porte-parole péquiste rappelle qu'Hydro-Québec avait comme politique de ne vendre que ses surplus, au prix du marché. « Maintenant, on va cibler les exportations, plutôt que les besoins des Québécois », a-t-elle lancé.

La porte-parole du Parti québécois estime que l'augmentation de l'offre d'électricité n'est pas profitable pour le Québec, puisqu'elle fera baisser les prix. Elle s'inquiète du fait que la durée des contrats d'exportation ne soit pas précisée dans la politique, et que les contribuables doivent assumer de toute manière la facture de ces projets.

Rita Dionne-Marsolais déplore que la politique énergétique ne comprenne aucune analyse détaillée de l'évolution de la demande énergétique du Québec. De plus, elle aurait souhaité que le secteur production d'Hydro-Québec soit sous la juridiction de la Régie de l'énergie, comme le sont les secteurs distribution et transport.

Manque d'ambition, selon Dumont

Mario Dumont, chef de l'ADQ

Mario Dumont

De son côté, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a jugé que cette politique énergétique signifiait l'abandon des grands projets hydroélectriques. M. Dumont estime le potentiel hydroélectrique du Québec à 10 000 mégawatts, et cite à ce sujet des chiffres du PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.

Il a dit qu'il trouvait étrange qu'en annonçant le lancement de projets hydroélectriques totalisant 4500 MW, Jean Charest ne soit pas capable d'en nommer un seul. M. Dumont déplore notamment l'abandon du projet de Grande-Baleine, qui a coûté plus de 500 millions de dollars en études et en plans, et qui rapporterait des milliards en retombées économiques pendant des décennies, selon lui.

Rappelons que les Cris habitant cette région au nord de la baie James s'inquiétaient de l'impact des chantiers et des barrages sur leurs territoires de chasse. Cela avait entraîné la suspension du projet en 1994. « J'ai de la difficulté à comprendre comment le gouvernement peut défier plus de 80 % de la population sur des niaiseries de centre de ski et de terrain de golf à Mont-Orford, pendant qu'il y a seulement 1500 Cris que l'on pourrait tenter de convaincre pour Grande-Baleine », a lancé Mario Dumont.

M. Dumont affirme aussi que le gouvernement renie ses engagements envers les régions, en n'ayant pas de cadre de référence pour leur permettre de percevoir des redevances sur les ressources hydraulique et éolienne. « Avant son élection, Jean Charest avait fait une tournée des régions, se présentait comme le parti des régions. Il avait laissé entendre des redevances sur les ressources naturelles. Point par point, on abandonne ces objectifs », a dit le chef de l'ADQ.

Enfin, Mario Dumont s'est dit en faveur des projets de construction de terminaux méthaniers, pour l'importation de gaz naturel par voie maritime. Il estime que cela permettrait aux Québécois de se chauffer au gaz naturel, et d'ainsi diminuer leur consommation d'électricité. Il est d'accord avec l'exportation des surplus de gaz vers les États-Unis.


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