Ignatieff lance sa campagne au Québec

Michael Ignatieff était de passage à Montréal, jeudi, pour lancer sa campagne québécoise en vue de succéder à Paul Martin comme chef du Parti libéral du Canada.

Le candidat ontarien, que beaucoup considèrent comme le favori de la course à la succession de Paul Martin, prévient les Québécois de se méfier de Stephen Harper.

Michael Ignatieff Michael Ignatieff

Devant une centaine de militants libéraux, celui que beaucoup considèrent comme le favori de cette course, a prévenu les Québécois de se méfier du premier ministre conservateur Stephen Harper.

Il s'en est pris notamment à la promesse des conservateurs de réserver un siège à l'UNESCO pour le Québec, une promesse qu'Ottawa ne pourra pas tenir, selon lui. M. Ignatieff propose plutôt au Québec de « contribuer » aux travaux de cette instance internationale en étant « partie prenante de la délégation canadienne ».

« Méfiez-vous d'un gouvernement qui prône la liberté en la limitant, un gouvernement qui promet de promouvoir le Québec sur la scène internationale avec des promesses qu'il ne peut pas tenir, un gouvernement qui annonce une baisse de la TPS qui va se payer avec une augmentation de vos impôts », a-t-il lancé.

Michael Ignatieff a cité le metteur en scène Robert Lepage au sujet de l'identité québécoise, disant se sentir Québécois au Canada, mais Canadien lorsqu'il est à l'extérieur du pays. Il a déclaré que le Canada qu'il aimait « laisse aux Québécois la liberté de choisir leurs appartenances dans l'ordre qu'ils préfèrent ».

Il a aussi soutenu qu'il n'entendait pas abolir la Loi sur la clarté référendaire, nécessaire, selon lui, pour avoir des règles « suivies par les deux côtés ». M. Ignatieff s'est dit persuadé que le Canada restera uni.

Ce passage au Québec est le second effectué par Michael Ignatieff depuis son entrée dans la course à la direction du PLC. Lors de sa dernière visite, le 17 avril dernier, il avait insisté sur la nécessité de reconquérir la province. Il avait rappelé à son auditoire que ses racines étaient au Québec, que ses parents y étaient enterrés et qu'il se battrait toujours pour que cette province demeure dans le Canada.

Vu par plusieurs comme le successeur idéologique de l'ancien premier ministre libéral Pierre Elliott Trudeau, M. Ignatieff est rentré au pays après 30 années passées à l'étranger, notamment à titre de professeur à l'université Harvard, aux États-Unis. Âgé de 58 ans, il a été élu député d'Etobicoke-Lakeshore, en Ontario, lors de la dernière élection générale de janvier.

L'identité du prochain chef du PLC sera dévoilée en décembre, lors d'un vote des membres du parti, à Montréal.