
Mont-Orford
![]() Stéphane Bergeron |
Le député du Parti québécois Stéphane Bergeron conteste la valeur écologique des terrains lorgnés par le gouvernement Charest pour agrandir le parc national du Mont-Orford.
Lors d'une conférence de presse mardi, il a révélé que l'endroit avait fait l'objet d'une exploitation forestière récente.
![]() Photo: StephaneBergeron.com L'une des photos prises par Stéphane Bergeron |
Il y a deux semaines, le ministre de l'Environnement et du Développement durable, Claude Béchard, s'était rendu sur les terrains. M. Bergeron a décidé d'aller constater l'état des terres par lui-même.
Il en a rapporté diverses photographies de terrains endommagés par des coupes récentes, parfois reboisés. Selon lui, au moins le quart des secteurs visités a fait l'objet d'exploitation forestière. Le député estime que l'écosystème de l'endroit a été chambardé.
L'acquisition de ces terres vise à doubler la superficie du parc, afin de pallier la privatisation d'une autre partie du parc pour y construire des copropriétés.
Une campagne de peur, selon le ministre Béchard
En réaction, le ministre Béchard a affirmé que le gouvernement était parfaitement au courant que de l'exploitation forestière avait eu lieu sur ces terrains. Il soutient que les opérations forestières, limitées de 300 à 500 hectares, ont complètement cessé depuis un mois.
À ses yeux, l'exploitation forestière n'entame en rien la valeur écologique des terrains. « C'est justement notre but de faire cesser cette exploitation forestière, affirme-t-il. Si on suit la logique du PQ, on ne pourrait créer aucun parc au Québec, puisque presque tous les parcs ont fait l'objet d'exploitation. »
Selon lui, l'opposition tente de mener une campagne de peur. En revanche, il se réjouit du fait que la coalition SOS Orford, opposée à la privatisation, ait accepté de le rencontrer la semaine prochaine.
Expropriations à venir
![]() Claude Béchard |
Le mois dernier, Québec a annoncé son intention de vendre les 85 hectares de terrains actuellement loués par le centre de ski et le terrain de golf en vue de permettre la construction résidentielle au bas des pistes. Du même souffle, le gouvernement Charest a indiqué vouloir acheter plus de 5500 hectares, pour porter la superficie totale du parc à 10 000 hectares.
Pour réaliser son projet, le ministre Béchard devra toutefois exproprier 15 propriétés appartenant à 22 propriétaires. Trois d'entre elles, comme celles de la société américaine Greif Containers visitées par le député Bergeron, occupent 88 % des terrains convoités par Québec.
Des négociations avec les propriétaires seront menées au cours des deux prochaines années. Si les deux parties n'en arrivent pas à une entente, une expropriation à hauteur de 70 % de la valeur du terrain sera effectuée.
D'ici là, le gouvernement a gelé le développement des immeubles qu'il prévoit acquérir. Ainsi, « toute construction, amélioration ou addition à l'immeuble, sauf les réparations » sera interdite sur les terrains visés.
Le prédécesseur de M. Béchard, Thomas Mulcair, évincé du Conseil des ministres une semaine avant l'annonce de la privatisation, affirme qu'il était opposé au projet.
Les photos prises par Stéphane Bergeron
Le site de Stéphane Bergeron
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