Devant l'engagement des conservateurs à régler le déséquilibre fiscal et à respecter les compétences provinciales, les libéraux fédéraux veulent actualiser leur fonctionnement et leurs idées, notamment celles qui concernent leur conception du fédéralisme.
Poussé par les promesses des conservateurs de régler le déséquilibre fiscal et de respecter les compétences provinciales, le Parti libéral du Canada veut actualiser son fonctionnement et ses idées, notamment sur le fédéralisme.
Jeudi, ils ont lancé une « Commission du renouveau », formée de 32 groupes de travail chargés d'étudier les façons d'améliorer les valeurs libérales, la place de la foi en politique, les collectes de fonds du parti, la préparation électorale et le rôle des femmes.
L'exercice sera supervisé par leur chef adjointe, Lucienne Robillard, et le président du parti, Mike Eizenga. Les anciens ministres John Manley, Pierre Pettigrew et Sergio Marchi dirigeront un groupe central d'organisation.
L'ex-ministre de la Justice Martin Cauchon sera pour sa part chargé d'examiner la position libérale sur le fédéralisme.
« Les gens nous ont mis sur le banc des punitions lors des dernières élections, souligne-t-il. Il faut saisir cette occasion pour actualiser bon nombre des politiques du Parti libéral, tout en s'accrochant à nos valeurs de base », a confié M. Cauchon à la Presse canadienne.
Martin Cauchon (archives)
L'ancien député d'Outremont admet que la question du déséquilibre fiscal est un point de tension dans la fédération canadienne, rompant ainsi avec la position officielle du Parti libéral, qui a toujours refusé de reconnaître le problème.
Son groupe de travail tentera de trouver des solutions à ce déséquilibre, mais pas à n'importe quel prix. Selon lui, il faut chercher un juste équilibre entre les aspirations des provinces et le pouvoir financier du gouvernement fédéral d'intervenir.
Pour rédiger son rapport final, Martin Cauchon sera secondé par des libéraux de partout au pays. Il estime que le fait de confier l'examen de la position libérale sur le fédéralisme à un Québécois constitue « un message très clair ».
Les anciens ministres Brian Tobin et Anne McLellan, de même que Justin Trudeau et l'ex-astronaute Marc Garneau, font partie de ceux qui dirigeront des groupes de travail. Leurs rapports devraient être prêts avant le congrès du parti, à la fin de novembre.
Sous Jean Chrétien et Paul Martin, les libéraux ont souvent été critiqués pour leur tendance à empiéter sur les champs de compétence des provinces, notamment dans les domaines de l'éducation postsecondaire.
Leur décision de réduire les transferts fédéraux, au milieu des années 1990, pour éliminer le déficit et le déséquilibre fiscal qui s'en est suivi leur avaient également valu les foudres des provinces.