Jean Charest en remet

Jean Charest Jean Charest

Le premier ministre du Québec a de nouveau laissé libre cours à son mécontentement envers le président de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), dont le projet de hausser les tarifs crée des remous au sein de son gouvernement.

En marge du congrès Bio 2006 à Boston, Jean Charest a indiqué qu'il attendait avec impatience les explications du président de la SAAQ, John Harbour, sur la situation financière de la société d'État, lors de la commission parlementaire qui commence aujourd'hui.

Le premier ministre demande au président de la Société de l'Assurance automobile du Québec de justifier ses hausses de tarifs pour 2007-2008 lors de la commission parlementaire qui commence aujourd'hui.

Le premier ministre dit avoir dans un premier temps trouvé les hausses justifiées lorsque le plan fut présenté à l'automne au gouvernement, en raison du déficit de 500 millions à la SAAQ en 2004. Mais il se demande maintenant si, avec des profits de 200 millions en 2005, le plan du président doit aller de l'avant tel que prévu.

Québec souhaiterait que les hausses des coûts d'immatriculation et des prix des permis soient davantage étalées dans le temps, alors que le plan actuel de la SAAQ prévoit leur entrée en vigueur dès 2007-2008.

Jean Charest a par ailleurs assuré que le conseil des ministres n'avait en aucun temps approuvé le plan de hausse de tarifs, contrairement à ce qu'affirmait La Presse dans son édition de lundi. Le quotidien montréalais soulignait en outre que le gouvernement aurait souhaité son introduction dès juillet 2006, afin de limiter son impact sur les élections à venir en 2007. Le premier ministre souligne, à sa défense, que Québec n'a pas l'autorité pour approuver la politique tarifaire de la SAAQ, en vertu de la loi 55.

John Harbour John Harbour (archives)

La SAAQ estime qu'elle se doit d'agir vite au risque de voir son fonds d'indemnisation tomber à sec en 2018. Lors d'une conférence de presse tenue le 10 mars, son président John Harbour soulignait que la SAAQ avait enregistré des déficits annuels de 500 millions entre 1999 et 2004.

Il soulignait en outre que le surplus de 200 millions en 2005 était attribuable à l'excellente performance de la Caisse de dépôt et de placement, qui gère le fonds d'indemnisation de la SAAQ. Il estimait que cette situation exceptionnelle risquait peu de se répéter.

La hausse proposée devrait permettre de réduire de 300 millions de dollars le déficit annuel de la SAAQ dès 2008.