Gilles Duceppe
Le gouvernement conservateur de Stephen Harper n'a rien à craindre du vote à venir sur le discours du Trône, prononcé mardi. C'est du moins ce qui ressort des réactions des partis d'opposition.
Les partis d'opposition se disent insatisfaits de certains aspects ou intentions du gouvernement conservateur, mais semblent tous prêts à l'appuyer lors du vote sur le discours.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a clairement dit qu'il allait appuyer le discours, mais avec l'intention de débattre de points précis par la suite.
M. Duceppe a souligné que le discours était imprécis au sujet du caractère distinct du Québec. Au sujet de la place du Québec à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), M. Duceppe a dit s'interroger sur un passage du discours disant que le Canada s'exprimera « d'une voix forte, unie et assurée sur la scène mondiale ». Le chef bloquiste craint que la province ne se retrouve qu'avec un rôle de second plan.
Déjà, l'automne dernier, le gouvernement libéral insistait sur la nécessité pour le Canada de « parler d'une seule voix ». La ministre québécoise Line Beauchamp n'avait pu que prononcer une partie du discours canadien à la conférence de l'UNESCO.
Jack Layton
De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, s'est réjoui de la mention de certains enjeux chers à son parti. M. Layton a souligné les passages portant sur des mesures environnementales, sur l'augmentation du nombre de places en garderies, et sur une éventuelle réforme électorale.
Le chef du NPD a toutefois déploré qu'il n'y ait pas eu mention des besoins en éducation, en assurance-emploi et de l'aide aux communautés autochtones. « M. Harper a mieux écouté que M. Martin », a reconnu Jack Layton, ajoutant que son parti demanderait peut-être des clarifications sur le discours.
Du côté des libéraux, le chef par intérim, Bill Graham, a soutenu que le gouvernement avait les moyens de baisser la TPS, tel que souligné dans le discours. Stephen Harper devrait tout de même préserver les mesures d'allègement du fardeau fiscal contenues dans la mise à jour économique de novembre dernier, a ajouté M. Graham.
Le chef libéral a ajouté que les ententes conclues avec les provinces sur le programme de garderies devraient être respectées. M. Graham a conclu que les positions des conservateurs au sujet du déséquilibre fiscal ou d'un siège à l'UNESCO pour le Québec n'apportaient rien de neuf, puisque les libéraux, selon lui, travaillaient déjà avec les provinces sur ces dossiers.
Bill Graham a fait part plus en détail de ses réactions lors d'une entrevue accordée à Bernard Derome, qui sera diffusée ce soir au Point.
Enfin, le député indépendant André Arthur a salué le projet d'une loi sur l'imputabilité gouvernementale. Il a cependant ajouté qu'il faudrait aller plus loin, en créant un poste de procureur spécial indépendant.
Il a affirmé que les partis d'opposition devraient appuyer le discours et donner sa chance au gouvernement conservateur. « Tous les Canadiens veulent un gouvernement qui fonctionne. Penser le renverser à ce moment, c'est idiot », a-t-il dit.
Réactions à Québec
Benoît Pelletier
À Québec, le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, a déclaré que ce discours annonçait une « nouvelle synergie » avec le gouvernement fédéral. Il a qualifié la reconnaissance du déséquilibre fiscal d'élément « majeur ». Il a aussi salué la reconnaissance du rôle que peut jouer le Québec sur la scène internationale. M. Pelletier a dit apprécier que cette reconnaissance se fasse dans un cadre clairement fédéral.
Le porte-parole du Parti québécois, Jonathan Valois, a déploré que le discours soit précis sur les enjeux nationaux comme la santé ou la sécurité nationale, mais plus vague sur les questions touchant le Québec. « Au sujet des demandes de l'Assemblée nationale, on reste dans un flou artistique monumental », a-t-il dit.
Enfin, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a trouvé le discours du Trône encourageant: « Il faut toujours attendre que les actions suivent les intentions, mais quant à ces intentions, on peut dire qu'elles sont claires et bien exprimées. »