Radio-Canada a appris que le gouvernement conservateur de Stephen Harper a décidé d'abolir le Conseil de l'unité canadienne. Cet organisme, créé en 1964, se présentait comme une organisation non partisane faisant la promotion de la dualité canadienne.
Radio-Canada a appris que le gouvernement conservateur de Stephen Harper coupait les vivres à l'organisme, très controversé pour son rôle de bailleur de fonds du camp du non lors du référendum de 1995.
« Dans notre vision de fédéralisme d'ouverture, le rôle du Conseil n'avait pas sa place », a déclaré le ministre fédéral des Transports et le lieutenant politique de M. Harper au Québec, Lawrence Cannon.
L'organisme, qui employait une cinquantaine de personnes, était doté d'un budget de 16 millions de dollars. Il a toujours été financé à près de 80 % par le gouvernement fédéral.
Le Conseil de l'unité canadienne a été très actif durant les référendums de 1980 et, surtout, de 1995. Il s'était impliqué dans le camp du non en mettant sur pied Option Canada, un organisme paravent doté d'un budget de près de 5 millions de dollars.
De gros noms siégeaient à son conseil d'administration, dont la fille de l'ex-premier ministre Jean Chrétien, France Chrétien-Desmarais, l'ex-ambassadeur canadien aux Nations unies, Yves Fortier, et l'ex-greffier du Conseil privé sous Brian Mulroney, Paul Tellier.
Les bureaux du Centre de recherche et d'informations sur le Canada
Également, le Conseil de l'unité canadienne dirigeait les activités du Centre de recherche et d'informations sur le Canada (CRIC), doté d'un budget de 4,3 millions de dollars.
En janvier 2004, un rapport de vérification interne blâmait le Conseil pour sa piètre gestion du CRIC. Peu d'éléments indiquent que l'aspect recherche du CRIC parvienne à rejoindre l'ensemble des Canadiens, mais plutôt une élite spécifique et minoritaire, pouvait-on lire dans le rapport.
Le Bloc québécois se réjouit de la nouvelle. « On est content que les contributions des citoyens et des citoyennes ne servent plus à financer cet organisme partisan dont la crédibilité a été maintes fois remise en question », a déclaré Michel Guimond, whip du Bloc québécois.
Au Conseil de l'unité canadienne, c'est la surprise totale. Personne n'a vu venir le coup et personne n'a voulu accorder d'entrevue.