Audet refuse de fixer un échéancier

Michel Audet Michel Audet

Le ministre des Finances, Michel Audet, se dit conscient du consensus qui commence à se dessiner autour du remboursement de la dette, mais refuse de dire si son prochain budget comprendra un plan de réduction.

S'il reconnaît qu'il faudra bien, à moyen terme, s'attaquer au problème de la dette publique, le ministre québécois des Finances a rejeté la proposition de l'aile jeunesse de son parti en refusant de fixer un échéancier précis pour s'attaquer au problème.

« Le but, c'est qu'elle soit sous contrôle, qu'on puisse la ramener à des proportions normales et raisonnables », soutient le ministre, pour qui il n'est pas question de fixer un échéancier précis.

Diverses avenues s'offrent au ministre des Finances pour augmenter les revenus, comme la hausse des tarifs d'électricité ou des services de garde, la vente d'actifs, la hausse de la TVQ, ou encore l'imposition de péage sur les ponts et les autoroutes.

La dette de la province, question qui a monopolisé les débats, samedi, au conseil général du Parti libéral du Québec, à Laval, atteint maintenant 117 milliards de dollars, avec des intérêts annuels de quelque 7,5 milliards.

Simon Bégin Simon Bégin

Les jeunes libéraux, qui considèrent le sujet plus important que les baisses d'impôts, ont présenté une résolution pour l'adoption d'un plan de réduction de la dette.

Le président de la Commission jeunesse, Simon Bégin, estime que le gouvernement de Jean Charest a suffisamment allégé le fardeau de la dette des familles, et que de ce fait, il devra se tourner vers une autre priorité.

L'économiste Pierre Fortin, de l'UQAM, présent au conseil général, appuie la proposition des jeunes libéraux. Il estime que Québec devrait consacrer 3 milliards de dollars par année au remboursement de la dette.

Selon M. Fortin, le gouvernement n'a pas de marge de manoeuvre et devra trouver d'autres sources de financement pour affronter ce défi. Il estime que la situation démographique, marquée par le vieillissement de la population s'accompagne une baisse importante de revenus dans les coffres de l'État.

La présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérome-Forget, croit pour sa part qu'il faut y aller progressivement: « Il faut que la dette diminue par rapport à notre richesse, mais ce n'est pas vrai qu'on ne va pas emprunter pour construire des infrastructures. On doit le faire. »