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En profondeur

Luttes à surveiller au Québec

Mise à jour le vendredi 30 décembre 2005 à 15 h 59
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Luttes à surveiller au Québec

Beauce

Maxime Bernier

En 2004, Claude Drouin, du Parti libéral, avait remporté la circonscription avec 41 % des suffrages contre le bloquiste Jean-François Barbe, qui a obtenu 36 % des voix. Dans cette lutte à deux, les conservateurs avaient tout de même récolté 17 % des voix.

Un an et demi plus tard, c'est une véritable lutte à trois qui semble se dessiner dans cette circonscription réputée pour voter pour le candidat avant le parti qu'il représente. Le maire de Sainte-Clotilde, Jacques Lussier, représente les libéraux et l'animateur de radio Patrice Moore, le Bloc québécois. Quant aux conservateurs, ils misent sur Maxime Bernier, fils de l'ancien député conservateur Gilles Bernier, élu facilement en 1984 et 1988. Le NPD présente Cléo Chartier et le Parti vert, Jean-Claude Roy, un producteur forestier.

La levée des barrières tarifaires, notamment sur les importations de textiles, a fait mal à la Beauce industrielle et préoccupe la population inquiète pour l'avenir de l'économie locale.

Dorothée Giroux trace le portrait du candidat conservateur en Beauce, Maxime Bernier.

À l'émission Sans frontières, la journaliste Marie-Andrée Brassard trace le portrait de la circonscription.

Brome-Missisquoi

Christian Ouellet

Le bloquiste Christian Ouellet a mené en 2004 une chaude lutte au candidat libéral élu, Denis Paradis. Ce dernier a remporté son quatrième mandat par un peu plus de 1000 voix. Cette victoire est d'autant plus importante pour les libéraux que Brome - Missisquoi est la seule circonscription qui n'est pas aux mains des bloquistes en Estrie. Les deux hommes reprennent la bataille pour le prochain scrutin.

Les conservateurs présentent David Marler, un avocat spécialisé en transport et en droit international. La jeune Josianne Jetté porte les couleurs néo-démocrates et Michel Champagne, celles du Parti vert. La sécurité est un enjeu dans cette circonscription qui compte huit postes frontaliers avec les États-Unis.

Le port d'armes chez les douaniers et le retour d'un poste de la GRC dans la région sont des sujets chauds auprès de la population inquiète pour sa sécurité.

Catherine Gauthier a suivi la campagne dans Brome - Missisquoi pour l'émission Sans frontières.

Brossard - La Prairie

Jacques Saada

La circonscription du ministre responsable de Développement économique Canada, Jacques Saada, est l'une des quatre considérées comme prenables dans la région montréalaise. Le candidat libéral l'avait emporté par un peu plus de 2500 voix en juin 2004 alors qu'à l'élection précédente, sa majorité était de plus de 10 000 voix.

Le bloquiste Marcel Lussier, qui était l'adversaire de M. Saada il y a 18 mois, fait valoir que lors du dernier scrutin, les électeurs de plusieurs municipalités avaient majoritairement voté pour le Bloc. Il estime que le scandale des commandites a encore beaucoup d'impact auprès des électeurs de sa circonscription. De leur côté, les conservateurs ont recruté le coordonnateur du comité Canada-Tibet, Tenzin Dargyal Khangsar, qui a également organisé la récente visite du dalaï-lama au Canada. Robert Nicolas se présente pour les néo-démocrates et les verts sont représentés par François Desgroseilliers, un animateur de pastorale.

Chicoutimi - Le Fjord

André Harvey

Après être devenu député indépendant, l'ancien député conservateur André Harvey s'est présenté en 2004 comme candidat libéral. Il a été défait par le bloquiste Robert Bouchard. Rien n'est joué dans cette circonscription où André Harvey a été élu en 1997 par 300 voix et défait en 2004 par 800 voix. Le candidat bloquiste attaque André Harvey, autant sur son bilan comme député que sur les pratiques électorales des libéraux.

Le candidat conservateur Alcide Boudreault, qui est analyste financier, est un ancien candidat de l'Alliance canadienne. Le néo-démocrate, qui était aussi candidat en juin 2004, est bien connu pour son engagement dans les causes communautaires. Le candidat du Parti vert est Jean-Martin Gauthier.

La survie de la base de Bagotville, le développement des croisières sur le Saguenay et la relance de l'économie locale sont les principaux enjeux et tous les partis en course multiplient les promesses.

Le scandale des commandites rattrape les candidats dans Chicoutimi - Le Fjord selon Louis-René Ménard.

Jeanne-Le Ber

Liza Frulla

Jeanne-Le Ber, dans le sud-ouest de Montréal, est l'une des six circonscriptions qui ont fait l'objet d'un dépouillement judiciaire en 2004. Élue avec seulement 72 voix de majorité sur le bloquiste Thierry St-Cyr, la ministre du Patrimoine Liza Frulla a décidé de consacrer toutes ses énergies à sa réélection et ne participera pas aux activités nationales de son parti. Elle affronte le même adversaire qu'en 2004, un jeune homme de 28 ans, ancien militant étudiant.

En raison de la notoriété de Liza Frulla, la circonscription est nettement dans la ligne de mire des bloquistes, qui reprochent à la ministre son absence auprès de ses concitoyens. Les deux principaux candidats mènent une véritable guerre de tranchées dans cette circonscription où on compte de jeunes cols blancs, mais aussi bon nombre de familles plus pauvres. Trois jeunes hommes, Matthew Mclaughin pour les néo-démocrates, Olivier Brunelle pour les conservateurs et Claude Genest, porte-parole officiel du Parti vert au Québec, briguent aussi les suffrages.

Julie Miville-Deschesnes trace le portrait de la circonscription.

Louis-Hébert

Hélène Chalifour-Scherrer

La candidate libérale et ancienne ministre, Hélène Chalifour-Scherrer, semble bien déterminée à reconquérir la circonscription de Louis-Hébert qu'elle a perdue en 2004 aux mains du bloquiste Roger Clavet, par plus de 5000 voix. La candidate libérale la plus connue de la région de Québec n'a pas hésité à s'engager dans des dossiers locaux comme la relance du zoo de Québec et la fermeture du centre de tri postal. Toutefois, les commentaires de Mme Chalifour-Scherrer, qui a qualifié le Québec de province pauvre et dépendante du fédéralisme canadien, ont été vertement critiqués par le Bloc québécois.

De son côté, le Bloc québécois mise aussi sur des enjeux locaux, comme la modernisation de l'aéroport, la relance du Jardin zoologique et la réfection du pont de Québec. Le bloquiste Roger Clavet, un ancien journaliste, mène surtout une campagne de terrain. Les conservateurs sont représentés par Luc Harvey, les verts par Robert Hudon et les néo-démocrates par Denis Blanchette.

Louis-Saint-Laurent

Josée Verner

Si les conservateurs devaient faire une percée au Québec, ce serait probablement dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent. La candidate conservatrice Josée Verner est la Québécoise la plus connue de l'équipe de Stephen Harper. Sans véritable équipe électorale, elle avait terminé deuxième en 2004 avec 31 % des voix derrière le bloquiste Bernard Cleary. Cette fois, la candidate conservatrice dispose d'une véritable équipe.

En début de campagne, l'investiture de son adversaire du Bloc, Bernard Cleary, a été contestée par son ex-conseiller politique, Robert Miller. Ce dernier a soulevé publiquement des doutes sur l'intégrité du candidat en raison de ses déboires financiers et judiciaires. D'origine autochtone, Bernard Cleary ne sera pas le seul à courtiser les membres de la nation huronne-wendate qui vivent dans la circonscription. Isa Gros-Louis, la fille du chef Max Gros-Louis, est candidate libérale. Mme Gros-Louis est fonctionnaire au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, à Gatineau. Le candidat du NPD est Robert Donelly. Le Parti vert est représenté par un militaire, Lucien Gravelle.

Outremont

Léo-Paul Lauzon

La circonscription du ministre des Transports, Jean Lapierre, s'annonce comme l'une des circonscriptions les plus chaudement disputées au Québec. Pour mener la bataille, le Bloc québécois a recruté un ancien ministre du Parti québécois, Jacques Léonard. Une victoire pour les bloquistes dans Outremont serait doublement symbolique. En plus de battre le lieutenant politique de Paul Martin au Québec, les bloquistes pourraient se targuer d'avoir effectué une percée importante dans un château fort fédéraliste.

En 2004, le Bloc avait récolté 33 % des suffrages, et, récemment lors des élections provinciales complémentaires, le candidat du Parti québécois est arrivé bon deuxième avec 37,2 % des voix. Toutefois, la bataille pourrait se jouer à trois.

Professeur en sciences comptables à l'Université du Québec à Montréal, Léo-Paul Lauzon se présente sous l'enseigne néo-démocrate, ce qui pourrait entraîner une division du vote propice à la réélection de Jean Lapierre. En 2004, le NPD avait réussi à récolter 14 % des voix. Le député sortant Jean Lapierre affrontera en plus l'homme d'affaires Daniel Fournier, candidat du Parti conservateur, et François Pilon, candidat du Parti vert.

Sans frontières: un reportage de Christine Limoges sur l'entraide péquiste-bloquiste dans Outremont, à la suite des élections partielles provinciales.

Patrice Roy s'est rendu dans Outremont pour faire le point sur la campagne.

Papineau

Vivian Barbot

Le ministre des Affaires étrangères Pierre Pettigrew, qui termine un quatrième mandat dans Papineau, a remporté la circonscription par seulement 468 voix en juin 2004. Papineau est donc une des circonscriptions considérées prenables par le Bloc québécois. D'autant plus que certaines remarques du candidat libéral, notamment sur les chefs du Parti québécois qu'il a qualifiés de « losers », ont provoqué un tollé au Québec.

Pour faire face à Pierre Pettigrew, le Bloc québécois a recruté l'ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec, Vivian Barbot. Cette dernière entend courtiser les communautés culturelles de cette circonscription qui compte parmi les plus pauvres du Québec.

Les conservateurs sont représentés par l'homme d'affaires Mustaque A. Salker, qui se présente pour la seconde fois. Un jeune homme, Marc Hasbani, défendra le programme néo-démocrate et Louis-Philippe Véranka, celui des verts.

Sans frontières: un reportage d'Akli Aït Abdallah sur la campagne du libéral Pierre Pettigrew et de la bloquiste Viviane Barbot dans Papineau.Yvan Cloutier a pris le pouls de la campagne dans Papineau.

Vincent Maisonneuve décrit le déroulement de la campagne dans Papineau.

Pontiac

Lawrence Cannon

La circonscription de Pontiac sera l'une des plus courtisées en Outaouais. Tant les bloquistes que les libéraux et les conservateurs y présentent des candidats crédibles. Le Parti conservateur mise beaucoup sur cette circonscription à forte proportion anglophone pour faire une percée au Québec. Le conservateur Lawrence Cannon était conseiller municipal de Gatineau et président de la Société de transport de l'Outaouais avant de se présenter comme candidat; il avait aussi été ministre provincial dans le cabinet Bourassa. En juin 2004, son parti était arrivé bon troisième avec 22 % des suffrages. Toutefois, l'affichage unilingue anglais du candidat a soulevé le mécontentement parmi les francophones de la circonscription.

Quant au candidat libéral et député sortant David Smith, il fait l'objet d'une enquête du commissaire à l'éthique sur des contrats du gouvernement libéral obtenus par son épouse. Le Bloc québécois, représenté par une candidate très engagée dans son milieu, Christine Émond-Lapointe, espère se faufiler entre ses deux adversaires fédéralistes le 23 janvier prochain.

Depuis environ 50 ans, la circonscription de Pontiac a toujours voté pour les libéraux ou les conservateurs, mais en 2004, le Bloc a terminé deuxième avec un écart d'un peu plus de 3500 voix sur les libéraux. Le NPD a recruté une enseignante, très engagée socialement, Céline Brault. Moe Carahan est le candidat du Parti vert.

Pascale-Marie Dufour trace le portrait de la circonscription de Pontiac.

Vaudreuil-Soulanges

Marc Garneau

Au Québec, les libéraux n'auront recruté pour le présent scrutin qu'un seul véritable candidat de prestige, l'ancien astronaute Marc Garneau. La députée sortante est la bloquiste Meili Faille, mais les libéraux sont déterminés à récupérer cette circonscription traditionnellement fédéraliste. Les libéraux, qui ont perdu Vaudreuil-Soulanges par un écart d'un peu plus de 3000 voix en 2004, considèrent cette défaite comme un accident de parcours causé par le scandale des commandites.

Issue du monde des affaires, la candidate bloquiste a été une députée très présente et très appréciée durant son très court mandat de 18 mois. Elle devra courtiser l'électorat anglophone, qui compte pour près de 20 % de la population de Vaudreuil-Soulanges. Le candidat néo-démocrate est l'ingénieur et homme d'affaires Bert Markgraf. C'est un jeune étudiant en soins infirmiers, Pierre Pariseau-Legault, qui se présente pour le Parti vert. Les conservateurs n'avaient toujours pas de candidat au début de la troisième semaine de décembre.

Sans frontières: un reportage de Akli Aït Abdallah sur la campagne de Marc Garneau.

Benoît Chapdelaine décrit la campagne dans Vaudreuil-Soulanges.