
La campagne en région
![]() Gilles Duceppe, Stephen Harper, Jack Layton et Paul Martin |
À mi-chemin de la campagne électorale, les jeux sont encore loin d'être faits. Mais chacun des principaux partis a déjà annoncé ses couleurs. Tous doivent adapter leur campagne aux réalités locales de chacune des circonscriptions du pays, ce qui les oblige parfois à de curieuses contorsions. En voici quelques exemples.
Dans l'ensemble, le Parti libéral mise sur les réalisations de son dernier mandat. Ainsi, dans les provinces de l'Est, il met en valeur la signature de l'Accord atlantique, qui exclut du calcul de la péréquation les redevances touchées par la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador sur le pétrole et le gaz naturel puisés au large de leurs côtes. Par contre, il se fait discret dans l'Ouest, où la Saskatchewan souhaiterait signer un accord analogue.
En Ontario, l'engagement des libéraux d'interdire les armes de poing a des chances de séduire l'électorat, alors qu'il est décrié dans l'Ouest, où les conservateurs promettent d'éliminer le coûteux registre des armes à feu.
Du côté du Québec, la présence massive du Bloc québécois rend incontournable l'enjeu de l'unité canadienne. Cependant, alors que Paul Martin pourrait faire des gains en Ontario avec ses déclarations sur la nécessité d'un gouvernement fédéral fort, ces paroles risquent de lui nuire au Québec. De nombreux Québécois pourraient en effet les interpréter comme un refus d'accorder au Québec la place qu'il souhaite avoir au sein de la fédération.
Il reste à voir si les partis pourront soutenir ce difficile exercice de jonglerie jusqu'au 23 janvier et, surtout, à voir comment le parti qui prendra le pouvoir réussira à concilier les différentes réalités régionales.