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La campagne en Atlantique
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Les provinces de l'Atlantique vivent une campagne calme et sans surprise. Les stratèges politiques conservateurs, libéraux et néo-démocrates semblent estimer que la répartition des sièges sera similaire à celle des dernières élections.
À la dissolution de la Chambre des communes, la répartition des sièges était la suivante dans les provinces de l'Atlantique:
Les premières semaines de la campagne ont été animées par les rares visites des chefs dans les Maritimes, et hormis quelques promesses sur les pêches, peu d'enjeux propres à l'Atlantique ont été abordés par les grands partis. Avant Noël, la fièvre électorale était loin d'avoir gagné les rives de l'Atlantique. Les traditions sont fortement ancrées dans cette partie du pays, et les électeurs se préoccupaient davantage des fêtes que de la campagne.
Le timide espoir des conservateurs
![]() Stephen Harper |
Des trois partis, ce sont les conservateurs qui ont le plus à gagner en Atlantique. Leur parti a réussi à recruter plusieurs anciennes vedettes de la scène politique provinciale.
Cependant, les conservateurs doivent redorer leur image, fortement ternie il y a trois ans par les propos de Stephen Harper, alors chef de l'Alliance canadienne. Ce dernier avait soutenu que le Canada atlantique avait une attitude défaitiste et une culture de dépendance par rapport aux subventions gouvernementales.
Un des premiers gestes de Stephen Harper, aux premiers jours de la campagne, a été de se rendre à Halifax où il s'est excusé pour ces commentaires. Lors de son passage en Atlantique, Stephen Harper a notamment promis de donner aux provinces un plus grand contrôle sur les pêches, un secteur qui relève pourtant du gouvernement fédéral. Il a aussi promis d'étendre la juridiction canadienne des pêches jusqu'aux Grands Bancs de Terre-Neuve afin d'empêcher la surpêche étrangère, une mesure que le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador réclame depuis des années.
Pour séduire un électorat traditionnellement libéral, le Parti conservateur diffuse une publicité télévisée spécialement conçue pour la région de l'Atlantique, qui souligne les racines néo-brunswickoises de la famille de M. Harper.
Ce dernier compte aussi sur un allié d'importance dans la région, le premier ministre progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, qui appuie activement la campagne des conservateurs fédéraux et qui a dénoncé l'attitude des libéraux fédéraux au Québec.
Pour sa part, le premier ministre conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, a refusé de se joindre à la campagne conservatrice, ce qui lui attire des critiques de militants dans cette province.
La confiance des libéraux
Le Parti libéral semble avoir toujours confiance de conserver la majorité des sièges en Atlantique. La campagne a pris du temps avant de démarrer et l'équipe libérale a surtout misé, dans un premier temps, sur les réalisations du gouvernement de Paul Martin, notamment les investissements annoncés dans le domaine des infrastructures et la signature de l'Accord atlantique.
![]() Paul Martin |
Cet accord cède aux provinces les redevances perçues sur le pétrole et le gaz naturel puisés au large de leurs côtes. C'est d'ailleurs cet accord qui vaut aux libéraux la neutralité du premier ministre conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador.
De passage en Nouvelle-Écosse durant la troisième semaine de décembre, le chef du Parti libéral, Paul Martin, s'est engagé à régler le différend qui oppose le gouvernement à la province à propos de la mine de Donkin, au Cap-Breton. En effet, le gouvernement fédéral et celui de la Nouvelle-Écosse n'arrivent pas à s'entendre sur la propriété et les redevances des 300 millions de tonnes de charbon que renferme cette mine, dont une partie se trouve sous l'océan Atlantique.
Par ailleurs, les libéraux ont aussi fait leurs promesses aux pêcheurs en faisant miroiter, entre autres, des exemptions d'impôt à vie de 750 000 $ pour ceux qui vendent leur entreprise à l'extérieur de leur famille. Dans le nord du Nouveau-Brunswick, ces promesses pourraient avoir un écho, car la région de la Péninsule acadienne dépend encore beaucoup de la pêche.
Les libéraux tentent de reconquérir dans cette région la circonscription d'Acadie - Bathurst, où le controversé dossier de l'assurance-emploi a contribué à l'élection depuis 1997 du néo-démocrate Yvon Godin. Les libéraux, qui lui opposent la notoriété de Mme Mersereau, ancienne ministre vedette provinciale du cabinet de Frank McKenna, font valoir que le NPD a complètement ignoré ce dossier au cours des 18 derniers mois.
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Discrétion néo-démocrate et promesses des verts
En Atlantique, le Nouveau Parti démocratique ne semble pas avoir l'espoir de remporter davantage de sièges. Il s'agit même de ne pas perdre d'acquis, notamment dans la circonscription d'Halifax, où l'ancienne chef du parti, Alexa McDonough, a été élue avec une faible majorité en 2004. Jusqu'à maintenant, Jack Layton y a surtout discuté d'enjeux nationaux, comme le financement des soins aux personnes âgées.
De son côté, le Parti vert a pris formellement position contre la chasse aux phoques, une industrie liée à une tradition importante à Terre-Neuve-et-Labrador. Le chef de ce parti, Jim Harris, a aussi soutenu qu'il fallait revoir la gestion des pêches dans la région en fonction du déclin de certaines ressources.