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Le leader du gouvernement, Jacques Dupuis
Le gouvernement Charest envisage de recourir à une loi spéciale dès jeudi, si aucun accord n'est conclu avec les syndicats de la fonction publique.
Cette loi inclurait aussi bien les clauses salariales que non pécuniaires, mais aussi le projet de loi 124 sur la réforme des services de garde, a précisé le vice-premier ministre, Jacques Dupuis.
Le Conseil des ministres tient une réunion à huis clos, mercredi soir, à ce sujet. Le caucus des députés libéraux est par ailleurs convoqué à 7h30, jeudi matin, afin d'être informé de la marche à suivre.
Le gouvernement a fait cette déclaration après avoir annoncé l'ajournement des travaux parlementaires jusqu'au 14 mars 2006. Il considère que le menu législatif avait été adopté et que cet ajournement est justifié.
L'AQCPE scandalisée

La présidente de l'AQCPE, Hélène Potvin
Pour sa part, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) est scandalisée par l'intention du gouvernement de faire adopter le projet de loi 124 en bloc, sans en faire l'étude article par article.
Le ministre Dupuis a justifié cette mesure en soutenant qu'une entente était intervenue entre l'AQCPE et la ministre de la Famille, Carole Théberge, quant à la mise en oeuvre du projet de loi. « Évidemment, pour qu'on puisse le mettre en oeuvre, il faut l'adopter », a ajouté M. Dupuis.
Or, l'AQCPE souligne que jamais elle n'a conclu d'entente, ni approuvé le projet de loi. Elle ajoute avoir simplement salué l'ouverture de la ministre, mais qu'il restait encore beaucoup de travail à faire.
Même son de cloche du côté de l'opposition officielle. La porte-parole du Parti québécois, Diane Lemieux, dit avoir cru à tort en la bonne foi du ministre Dupuis en donnant son accord pour l'adoption des projets de loi, sauf pour le projet de loi 124. Elle qualifie la nouvelle situation de vaudeville et d'odieuse manoeuvre.
Une offre insuffisante

Plus tôt dans la journée, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a rejeté la dernière offre du gouvernement Charest, tout en présentant une contre-proposition.
La présidente de la Fédération des syndicats d'enseignants (FSE), affilié à la CSQ, Johanne Fortier, a indiqué que l'offre gouvernementale sur les clauses non salariales était insuffisante pour justifier son rejet. Toutefois, le syndicat, qui représente 80 000 enseignants, a déposé une contre-proposition globale.
Fonctionnaires en colère

Mercredi, au moins 150 000 syndiqués du secteur public ont manifesté dans différentes régions du Québec. De grands rassemblements ont eu lieu à Montréal et à Québec. Plusieurs milliers de manifestants se sont rendus sous les fenêtres des bureaux de la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, à Montréal.
À Québec, au moins 3000 syndiqués ont convergé vers la colline Parlementaire pour y porter leurs doléances après une multitude de manifestations dans la région.
Mardi, le gouvernement avait annoncé une entente de principe sur les clauses non salariales avec un troisième groupe de syndiqués du secteur de la santé, ceux qui sont affiliés à la FTQ. Il n'y a toutefois toujours pas d'entente au niveau salarial.
Une proposition décevante qui appelle contre-proposition
Site officiel de le FSE
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