
Clarté référendaire

Benoît Pelletier (archives)
Le ministre des Affaires intergouvernementales du Québec, Benoît Pelletier, fait écho au nouveau chef du Parti québécois, André Boisclair, pour critiquer la loi sur la clarté référendaire.
Dans une entrevue au quotidien The Gazette, il estime que la loi concoctée par Stéphane Dion, sous le règne de Jean Chrétien, n'a rien d'une solution magique. La loi donne à Ottawa le droit de refuser de reconnaître les résultats d'un référendum sur la souveraineté s'il considère que la question ou la majorité ne sont pas claires.
M. Pelletier estime que le gouvernement fédéral a une approche négative en adoptant cette loi. Il préfère opter pour une attitude positive parce que, selon lui, c'est la meilleure façon de convaincre les Québécois de ne pas se séparer du reste du Canada.
Le ministre souligne que son travail consiste notamment à faire la promotion du Canada et des valeurs canadiennes et à montrer aux Québécois que le système fédéral fonctionne.
Une stratégie contre Boisclair à Ottawa

André Boisclair à l'émission Les coulisses du pouvoir
Depuis le week-end, les libéraux fédéraux ont développé une nouvelle stratégie en vue des élections prévues en janvier: attaquer André Boisclair et sa prise de position contre la loi sur la clarté référendaire. Le retour de la souveraineté comme enjeu semble destiné à ébranler le Bloc québécois.
Dimanche, dans une entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir à Radio-Canada, M. Boisclair a estimé que cette loi, votée en 1999, était venue « pervertir l'arrêt de la Cour suprême » sur la sécession du Québec. Il a fait valoir que la souveraineté était un choix politique, et non juridique, et qu'elle devait résulter d'une expression de la démocratie.
Le jour même, le premier ministre Paul Martin a publié un communiqué pour dénoncer la position de M. Boisclair, qualifiée d'« inacceptable ». Il a interprété les propos du chef péquiste comme un « rejet de l'autorité de la loi, en faveur d'un opportunisme politique ».
« Le projet de séparation du Québec en est un que je combattrai avec chaque once de mon énergie, a poursuivi M. Martin. Je le ferai toujours dans le respect de l'intégrité du processus démocratique et de l'autorité de la loi ».
Robillard en rajoute, Lapierre embêté
Lundi, M. Martin a refusé de réitérer sa position, laissant à ses ministres et députés le soin de le faire.
La ministre des Affaires intergouvernementales du Canada, Lucienne Robillard, n'a pas hésité à en rajouter, reprenant l'argumentation de son chef à la Chambre des communes. « En tant que Québécoise, personne ne pourra m'enlever mes droits, personne ne pourra m'enlever mon Canada sans respecter la loi », a-t-elle dit.

Jean Lapierre
Jean Lapierre, lui, était plus ennuyé lorsqu'il a été interrogé sur le sujet. Lors de son retour en politique, en février 2004, le lieutenant politique de Paul Martin au Québec, avait désavoué la loi, la qualifiant d'« astuce inutile et futile ».
« Je crois à la liberté des peuples de décider de leur avenir, je ne crois pas aux astuces pour faire peur », avait-il ajouté. Il avait rapidement été désavoué par le bureau du premier ministre, qui avait affirmé qu'il s'agissait d'une « bonne loi ».
Replongé dans le débat lundi, M. Lapierre a évité de donner une « réponse claire », estimant être encore très loin d'un référendum sur la souveraineté.
L'opposition n'a pas manqué de souligner le malaise concernant la loi sur la clarté. « Il est bizarre que le premier ministre préfère s'attaquer au nouveau chef du PQ plutôt que de travailler avec le premier ministre fédéraliste du Québec », a estimé le chef conservateur, Stephen Harper.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, sent pour sa part un vent de panique du côté des libéraux. « Ils cherchent un peu à provoquer, ça ne nous énerve pas », a-t-il dit.