Les neuf candidats à la direction du Parti québécois se sont affrontés à Québec, mercredi soir, pour le quatrième des sept débats qui vont les opposer d'ici la fin de la campagne.
Le quatrième débat des candidats à la direction du Parti québécois montre leur détermination à rassembler les souverainistes, mais aussi leur différence d'approche.
Sous le thème de la souveraineté et du leadership, ils n'ont toutefois pas offert de visions très différentes. Tous s'entendent pour créer une vaste coalition de souverainistes afin de parvenir à l'indépendance.
Pauline Marois
D'entrée de jeu, Mme Marois a décrit son plan de match : élection sous le thème de la souveraineté, nomination d'un ministre responsable du projet souverainiste, établissement d'une carte d'électeur, offensive diplomatique internationale, Constitution provisoire.
« Je n'attendrai pas les conditions gagnantes, il n'y a pas de conditions gagnantes à attendre », a-t-elle lancé. Elle a aussi proposé de présenter autant de candidates que de candidats dans une prochaine élection.
André Boisclair
Pour sa part, M. Boisclair s'est montré pragmatique. « Malgré des sondages favorables, nous sommes loin de la coupe aux lèvres, a-t-il dit. Il n'y a qu'une seule condition gagnante : gagner la prochaine élection. » Dans l'augmentation du nombre de membres de 57 000 à 137 000, il voit un nouvel engouement pour la souveraineté.
Lors de sa déclaration de départ, M. Boisclair a déclaré qu'il ne permettrait pas qu'Ottawa enfreigne les règles référendaires du Québec. En réponse à une question, il a aussi affirmé que le territoire du Québec restait indivisible.
Déclarer l'indépendance ou pas?
Louis Bernard
Lorsque c'était leur tour de débattre, Louis Bernard et Richard Legendre ont émis des opinions diamétralement opposées quant aux modalités d'accession à la souveraineté.
M. Bernard a répété que le Québec ne serait pas prêt, au lendemain d'un référendum, à prendre immédiatement le relais des institutions et organismes fédéraux.
Richard Legendre
M. Legendre, lui, a martelé que l'Assemblée nationale doit faire une déclaration d'indépendance au lendemain d'une victoire référendaire. Il a estimé que, dans le cas contraire, le Québec ne pourrait négocier d'égal à égal avec Ottawa.
Dans son laïus d'entrée, M. Legendre avait interpellé directement M. Boisclair et Mme Marois. « Non, André, ceux qui voient l'urgence de la souveraineté ne sont pas des personnages de bande dessinée. Et non, Pauline, il ne faut plus attendre les conditions gagnantes. »
Trop proche des syndicats, selon Lebel
Ghislain Lebel
Quant à Ghislain Lebel, il a qualifié le Parti québécois de « bras politique des syndicats ». Selon lui, le PQ peut se compter chanceux que l'Action démocratique ait piqué du nez avant le dernier scrutin provincial.
Il a émis le souhait de ramener tous les organismes souverainistes qui boudent actuellement le PQ. En outre, en toute fin de débat, il a annoncé qu'il nommerait Louis Bernard comme négociateur en chef de la souveraineté.
De son côté, Jean-Claude Saint-André a ramené sur la table la nécessité de combattre les paradis fiscaux. Il a aussi plaidé en faveur de mesures pour encourager les Québécois à faire des enfants et pour l'abolition des frais de scolarité à l'université.
Le cinquième débat aura lieu mercredi prochain, à Rimouski, et portera sur le territoire.