Exposition de soldats à de l’uranium : « peu probable », conclut un rapport

Pascal Lacoste Le vétéran Pascal Lacoste

Une enquête commandée par Ottawa dans la foulée de la grève de la faim menée par l'ex-soldat Pascal Lacoste conclut qu'il est peu probable que des militaires canadiens aient été exposés à des concentrations d'uranium appauvri pouvant constituer un danger pour leur santé.

Dans un rapport de 60 pages, un comité composé de cinq experts a jugé que les études réalisées auprès des cohortes militaires n'attestaient pas « de manière constante » que des effets néfastes pour la santé peuvent être attribués à l'uranium appauvri.

L'ex-soldat Pascal Lacoste avait entamé en novembre 2011 une grève de la faim devant les bureaux de circonscription du ministre des Anciens combattants, Steven Blaney, à Lévis.

M. Lacoste exigeait du gouvernement fédéral qu'il reconnaisse que lui et d'autres anciens frères d'armes avaient été intoxiqués à l'uranium appauvri lors de missions à l'étranger.

L'ancien militaire affirmait que son état de santé se dégradait sans cesse depuis son exposition à l'uranium appauvri lors d'une mission en Bosnie-Herzégovine, pendant le conflit aux Balkans dans les années 1990.

Or, selon le comité, la seule situation dans laquelle les militaires canadiens auraient été exposés de façon « importante » à l'élément radioactif remonte à 1991, lorsqu'un incendie d'un entrepôt de munitions à l'uranium appauvri s'était déclaré au camp Doha, au Koweït, où les troupes canadiennes étaient stationnées lors de la guerre du Golfe.

Pascal Lacoste réagit

Le rapport a choqué l'ex-soldat Pascal Lacoste, qui n'a pas l'intention de déposer les armes. « Tantôt, quand j'ai parlé au téléphone avec le ministre (Steven) Blaney, je lui ai simplement demandé si mes frères d'armes ainsi que moi-même pourrions avoir droit à des soins de santé. Je n'ai jamais été capable d'avoir une réponse », s'est désolé M. Lacoste au bout du fil.

L'ancien militaire, qui habite Québec, n'exclut pas l'idée de déposer un recours collectif contre le gouvernement fédéral. « Ce que je sais, c'est que le combat est loin d'être fini. Je n'ai pas le choix. Pour moi, c'est le combat d'une vie », a-t-il plaidé.

Une vie qui est minée par de nombreux problèmes de santé « directement reliés » à l'intoxication à l'uranium, soutient M. Lacoste, qui estime avoir dépensé environ 5000 $ en soins de santé pour soulager ses douleurs à la moelle épinière et aux reins.

Pascal Lacoste, qui a récemment été décoré d'une Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II, n'a pas l'intention de se délester de son insigne en guise de protestation. Il a d'ailleurs tenu à rendre hommage au Nouveau Parti démocratique et à la députée de sa circonscription, Annick Papillon, qui a choisi de lui décerner la médaille en question. « Ce sont les seuls qui m'ont pris au sérieux », a-t-il fait valoir.