Les avocats torontois d'Omar Khadr démissionnent, Me Edney reprend du service

L'avocat Dennis Edney, en octobre 2010 Me Dennis Edney représentera de nouveau Omar Khadr.

Les deux avocats torontois d'Omar Khadr ont démissionné après que l'ancien détenu de la base navale de Guantanamo, à Cuba, eut fait de nouveau appel à Dennis Edney, l'avocat d'Edmonton qui l'avait défendu pendant plusieurs années, a appris La Presse Canadienne.

Dans un avis de motion présenté à la Cour fédérale, où M. Khadr a déposé une poursuite contre le gouvernement fédéral pour violation de ses droits constitutionnels, John Norris et Brydie Bethell ont annoncé qu'ils avaient pris la décision de se retirer la semaine dernière, disant toutefois ne pas pouvoir préciser leurs motifs.

Il s'agit du dernier revirement dans la longue saga du jeune homme maintenant âgé de 26 ans, qui a changé d'avocats à plusieurs reprises au cours des années.

Me Norris et Me Bethell avaient hérité du dossier d'Omar Khadr en août 2011 après que le principal intéressé eut brusquement congédié Me Edney et son collègue Nate Whitling. Les deux avocats avaient pourtant investi beaucoup de temps et d'énergie à défendre sa cause, et ce, tant devant les tribunaux qu'auprès du public.

À l'époque, Dennis Edney avait même déclaré être profondément attristé de son licenciement.

Omar Khadr (archives) Omar Khadr (archives)

En entrevue, Me Edney a confirmé avoir accepté de prêter main-forte à M. Khadr, qui a été transféré au Canada en septembre dernier après avoir passé 10 ans à la base de Guantanamo. Il purge actuellement une peine au centre de détention à sécurité maximale Millhaven, près de Kingston, en Ontario.

Le prisonnier essayait depuis un an d'obtenir la permission de rencontrer son ex-avocat, allant même jusqu'à faire une grève de la faim, mais les autorités américaines avaient refusé d'accéder à sa requête.

Dennis Edney a finalement pu revoir son ancien client avant Noël dans sa prison canadienne. Selon l'avocat, Omar Khadr s'inquiétait parce qu'aucun travail n'avait été fait pour sa défense depuis deux ans.

« À un certain moment, j'ai eu le sentiment qu'il avait besoin de compassion », a raconté Me Edney. « Il m'a demandé de l'aider et j'ai dit que j'y réfléchirais. J'ai réfléchi et je lui ai offert mon aide. Je n'ai pas encore déterminé jusqu'où ira cette aide. »

Omar Khadr pourra présenter une demande de libération conditionnelle de jour en mars prochain, mais en raison de son incarcération dans un établissement à sécurité maximale, il est peu probable qu'il soit libéré sous conditions avant au moins deux ans.

Le jeune homme natif de Toronto a plaidé coupable en octobre 2010 devant un tribunal militaire à cinq accusations portées contre lui par le Pentagone. Ces accusations, qui lui ont valu huit autres années derrière les barreaux, concernent notamment le meurtre d'un soldat américain en Afghanistan en juillet 2002, alors que M. Khadr avait 15 ans.

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