Négligence dans l’armée : le major Watts ne connaîtra pas sa peine avant février

Le major Darryl Watts

Le sort du major Darryl Watts, reconnu coupable de négligence en lien avec un accident d'entraînement meurtrier en Afghanistan, repose désormais entre les mains d'un juge militaire, qui devra déterminer s'il doit être puni ou s'il ne mérite qu'un simple blâme.

Le mois dernier, le major Watts a été reconnu coupable d'avoir illégalement provoqué des blessures corporelles et de négligence dans l'exécution de tâches militaires, dans le cadre d'un accident d'entraînement survenu il y a près de trois ans, lorsqu'une mine antipersonnel a explosé en direction d'un peloton à Kandahar.

Le caporal Josh Baker, âgé de 24 ans, est mort dans l'accident et quatre autres soldats ont été grièvement blessés.

Selon le procureur militaire Dylan Kerr, la seule peine appropriée pour Darryl Watts est l'emprisonnement. Le major Kerr réclame 18 mois de prison, ainsi que l'expulsion immédiate de l'accusé des Forces canadiennes, ou encore sa rétrogradation au rang de lieutenant.

Aux dires de M. Kerr, plusieurs facteurs viennent aggraver le cas de l'accusé, y compris le fait qu'il n'a pas plaidé coupable. Le procureur militaire a également laissé sous-entendre que bien que Watts n'a pas été formé pour travailler avec l'engin explosif en cause dans l'affaire, il était au moins au courant des normes de sécurité.

Toutefois, selon l'avocat de la défense, Balfour Der, le major Watts ne mérite qu'une réprimande, puisqu'il affirme que sa responsabilité est minime.

Me Der a également rejeté les critiques selon lesquelles Watts n'a affiché aucun remords, faisant remarquer que le major avait maintenu le contact avec les soldats blessés. Il note que les circonstances de l'accident demeurent mystérieuses et soutient que l'engin explosif a souffert d'un dysfonctionnement.

Le juge militaire en charge de l'affaire, le commandant Peter Lamont, a dit avoir besoin de temps pour déterminer quelle sera la peine et a reporté sa décision au 20 février.

Lors du procès, la poursuite a argué que Watts, qui commandait le peloton, n'a pas fait respecter les normes de sécurité et a abandonné son rôle de leader lorsqu'il a confié ses responsabilités à Paul Ravensdale, un autre officier.

Celui-ci passera en cour martiale plus tard cette année; il agissait en tant qu'expert de l'arme utilisée lors de l'incident.

L'officier supérieur de Watts, le major Christopher Lunney, a plaidé coupable en septembre à une accusation d'exécution négligente de ses tâches, et a entre autres été rétrogradé au rang de capitaine.

Des vidéos de l'incident montrent Watts et plusieurs autres soldats se tenant près de la mine lors du test. Ils ne se trouvent pas à l'intérieur de véhicules blindés, ou derrière ceux-ci pour se protéger, comme cela est stipulé dans les normes des Forces canadiennes.